Un patriotisme suspect et des origines instrumentalisées
À 38 ans, Ben le Patriote harangue ses centaines de milliers d’abonnés avec une rhétorique lisse, célébrant une France arc-en-ciel où Noirs, Arabes et Blancs s’embrassent sous le drapeau tricolore. Ses apparitions médiatiques, notamment sur CNews, le montrent brandissant des t-shirts aux mains entrelacées et évoquant avec nostalgie une France des années 80 qu’il dit « tolérante ». Un décorum qui ne doit pas nous tromper : ce zèle patriotique sent le calcul. Il force en effet son appartenance, à la manière d’un nouveau Chalgoumi, cet imam modéré accusé de servir des intérêts extérieurs.
CNEWS, sous l’influence de Bolloré, tente de propulser Ben le Patriote — véritable instrument d’ELNET — pour vendre un patriotisme « musulman compatible avec Israël » et ainsi gratter des voix au passage.
Mais le plus ironique dans tout ça, c’est que le propre camp… pic.twitter.com/SiNzfZU2tR— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) October 13, 2025
Les réseaux d’influence : du studio CNews aux coulisses d’ELNET
Son positionnement ne doit rien au hasard. Soutenu par l’élue pro-israélienne Shannon Seban et le policier national-sioniste Bruno Attal, Ben le Patriote bénéficie d’une exposition médiatique pilotée par l’empire Bolloré. Derrière cette mise en scène se cache le lobby ELNET, où l’influenceur a appelé les musulmans de France à combattre l’antisémitisme — tout en déplorant leur absence dans l’assistance. Une absence qu’il impute à la « confusion » entre islam et islamisme, et à l’influence néfaste des réseaux sociaux. Pour ses critiques, ces liens confirment la thèse d’un patriotisme de convenance, taillé sur mesure pour légitimer l’alliance entre sionisme et diversité. On l’accuse d’avoir renié ses racines algériennes pour endosser un rôle de Français « de façade », aussi inconfortable qu’artificiel.
Rejet des identitaires et accusations de double jeu
Ironie du sort, Ben le Patriote essuie les foudres des milieux nationalistes qu’il prétend séduire. Sur les réseaux sociaux, on l’accuse de pratiquer la takiya, cette dissimulation religieuse qui ferait de son engagement un leurre. Pour ses détracteurs, son ralliement au sionisme ne serait qu’une étape dans une stratégie d’islamisation « en douce ». Même des figures immigrées similaires, comme « Le Brac », subissent le même ostracisme : preuve que dans ce milieu, l’origine reste une frontière infranchissable. Ben devient ainsi le symbole d’une schizophrénie politique : promu par les réseaux sionistes, mais rejeté par ceux dont il recherche la reconnaissance.
Avis pour des commentaires concernant « Les Patriotes 2.0 » :
Ben le Patriote, c’est le Chalgoumi version améliorée… sauf que “l’amélioration” peine à convaincre après ses propos sur Israël, et malgré ses plates excuses. Mais, à part ce mouvement bricolé à la va-vite par Bolloré… pic.twitter.com/Rh6MC7E0jE
— Marcel D. (@DubreuilhMarcel) October 14, 2025
Une opération politique sous influence bolloréenne
Cette mascarade patriotique s’inscrit dans une manœuvre plus vaste. Après l’échec de sa tentative de prise de contrôle des mouvances souverainistes via Philippe de Villiers, Vincent Bolloré recyclerait aujourd’hui ses pions à travers des figures comme Ben le Patriote. Ce « Patriotes 2.0 » vise à capter l’électorat issu de l’immigration tout en normalisant le sionisme comme composante du patriotisme français. Une instrumentalisation qui interroge : le patriotisme est-il devenu une marque déposée, un produit médiatique au service d’intérêts géopolitiques ?
Ultime paradoxe : Ben le Patriote incarne une France mal à l’aise avec elle-même, tiraillée entre le mythe du multiculturalisme et la réalité des assignations identitaires. Son cas révèle les impasses d’un système qui promeut l’intégration tout en refusant de la croire sincère.
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