Commerce

Après Shein, AliExpress et Joom à leur tour épinglés pour des poupées pédopornographiques

La contre-offensive étatique se précise contre les pratiques douteuses des géants du e-commerce. Interrogé en exclusivité par Le Parisien ce 14 novembre, le ministre délégué au Commerce Serge Papin a levé un coin du voile : cinq plateformes supplémentaires – AliExpress, Joom, Wish, Temu et eBay – sont désormais dans le collimateur de la justice. On y vendait, pêle-mêle, des poupées à connotation pédopornographique et des armes de catégorie A, des poings américains aux machettes.

mise à jour le 15/11/25

Des poupées à caractère pédopornographique aux armes de guerre, l’impunité en ligne prend fin.

L’effet Shein, un précédent qui fait tache d’huile

L’affaire trouve son origine dans le récent scandale impliquant Shein. La DGCCRF y avait mis au jour, la semaine dernière, une offre aussi sordide que variée : des poupées sexualisées à l’effigie d’enfants côtoyaient des armes prohibées. Le signalement au parquet de Paris et la menace crédible d’une suspension en France ont contraint la plateforme à un nettoyage express. Les procédures judiciaires, elles, demeurent actives. Fort de ce premier coup de semonce, Bercy a élargi le champ de ses investigations. « Nous avons découvert qu’AliExpress et Joom commercialisaient également ces poupées pédopornographiques », a asséné Serge Papin, précisant que Wish, Temu et Amazon avaient, de leur côté, négligé leur obligation de filtrage des contenus pornographiques pour les mineurs. Toutes ont été déférées à la justice.

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Le catalogue de l’horreur

Le ministre a détaillé les infractions, dressant un constat accablant sur le laisser-faire régnant.

. Poupées immondes : AliExpress et Joom se sont distingués par la vente d’objets explicitement qualifiés de « pédopornographiques » par les enquêteurs.

. Armes de guerre en libre-service : Wish, Temu, AliExpress et eBay transformaient tout un chacun en potentiel milicien, proposant sans le moindre contrôle des armes de catégorie A, strictement prohibées.

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. Protection de l’enfance : option payante ? : Wish, Temu et Amazon ont purement et simplement ignoré leurs obligations légales de protéger les mineurs de l’exposition à des images pornographiques.

Réactions : entre indignation et cynisme

La nouvelle, relayée sur les réseaux sociaux, a soulevé un tollé. Sur X, la vindicte populaire réclamait, pour certains, la publication des listes d’acquéreurs de ces produits infâmes. D’autres soulignaient la tardive prise de conscience des autorités face à un phénomène pourtant endémique. Le ministre Papin, inflexible, a martelé : « Les marketplaces doivent contrôler leur offre, si elles entendent pérenniser leur activité sur notre sol. Il y aura un avant et un après l’affaire Shein. » Une position ferme, portée avec le concours des ministres de l’Intérieur, de l’Industrie et de l’Égalité. Une rapidité à comparer avec l’extrême lenteur d’application des lois de protection de l’enfance. Le rapport  d’Isabelle Santiago sur les manquements des politiques de protection de l’enfance n’a toujours pas de décret d’application. Pire ! les médias n’en parlent plus, tandis que les plaintes pour viols de mineurs continuent à s’accumuler.

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Vers un nouvel ordre numérique ?

Cette offensive judiciaire coordonnée s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales accrues entre l’Europe et les géants chinois du net. Elle pourrait sonner le glas d’une époque d’impunité, marquant l’avènement d’une régulation plus stricte. L’objectif affiché est double : protéger le consommateur, notamment le plus jeune, et rétablir une concurrence loyale avec le commerce de proximité. Reste à observer si les poursuites aboutiront à des sanctions dissuasives – suspensions ou amendes salées – et si cette croisade française essaimera au-delà de nos frontières. Les plateformes incriminées, pour l’heure muettes, jouent leur crédibilité.

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