Politique

ALERTE – Israël exclut les enseignants chrétiens de Jérusalem : 230 enseignants menacés, 15 écoles touchées

Israël impose de nouvelles règles qui excluent les enseignants chrétiens des écoles de Jérusalem. Des centaines de postes menacés, un système éducatif fragilisé, et une communauté directement visée.

mise à jour le 29/03/26

230 enseignants dehors… c’est ça la normalité ?

Il y a des décisions administratives qui disent tout d’un pouvoir. Celle que les autorités israéliennes veulent imposer aux écoles chrétiennes de Jérusalem en fait partie. Sous couvert de règles de recrutement et de reconnaissance de diplômes, le gouvernement israélien s’attaque une fois de plus à une communauté déjà fragilisée : les chrétiens de Terre sainte.

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À partir de septembre, les écoles chrétiennes de Jérusalem ne pourraient plus employer des enseignants chrétiens vivant en Cisjordanie, pourtant au service de ces établissements depuis parfois de longues années. En clair, Israël veut barrer la route à ceux qui transmettent le savoir, assurent la continuité de ces écoles et font vivre, au quotidien, une présence chrétienne bimillénaire à Jérusalem.

Ce n’est pas un simple ajustement technique. C’est une offensive de plus contre les chrétiens de Jérusalem.

Une politique brutale qui vise les écoles chrétiennes de Jérusalem

Selon les informations communiquées aux directeurs d’établissement, le ministère israélien de l’Éducation exige désormais que les enseignants soient résidents de Jérusalem et titulaires de qualifications délivrées ou reconnues par Israël. Cette ligne s’inscrit dans le prolongement d’un texte soutenu au sein de la Knesset pour écarter les enseignants palestiniens diplômés en Cisjordanie des écoles situées en Israël et à Jérusalem-Est occupée.

Le résultat est limpide : des enseignants chrétiens palestiniens, parfois installés depuis des années dans ces fonctions, risquent d’être exclus du jour au lendemain. Même les détenteurs de documents leur permettant normalement de circuler et de travailler dans les zones contrôlées par Israël ne seraient plus protégés.

Derrière le vocabulaire administratif, il y a une réalité beaucoup plus crue : on étrangle les écoles chrétiennes, on déstabilise des familles entières et on affaiblit délibérément la présence chrétienne à Jérusalem.

Près de 230 enseignants menacés, 15 écoles touchées

D’après Aide à l’Église en Détresse (AED), cette mesure pourrait frapper près de 230 enseignants chrétiens dans 15 écoles chrétiennes de Jérusalem. Ce chiffre donne la mesure du choc. Ce ne sont pas quelques postes isolés. C’est tout un réseau éducatif qui risque d’être amputé de ses forces vives.

Et derrière ces chiffres, il y a des hommes et des femmes, des familles, des enfants, des établissements entiers. Beaucoup de ces enseignants ont donné des années de leur vie à ces écoles. Leur éviction les précipiterait dans l’insécurité, le chômage et, pour certains, dans la tentation du départ.

C’est ainsi que meurent les présences anciennes : non pas toujours sous les bombes, mais à coups de décisions froides, de blocages bureaucratiques, de restrictions méthodiques, jusqu’à rendre la vie impossible.

Cibler les enseignants, c’est frapper l’avenir des chrétiens en Terre sainte

Les responsables des écoles chrétiennes le disent sans détour : il n’existe pas, à Jérusalem, assez d’enseignants chrétiens pour remplacer ceux que cette politique veut éliminer. Le manque serait immédiat, massif, désorganisateur. Dans certains établissements, cela représenterait une quinzaine d’enseignants absents.

Autrement dit, on ne touche pas seulement à des contrats de travail. On vise la transmission. On abîme la mission des écoles. On affaiblit l’enracinement chrétien dans la ville même où le Christ a marché, prêché, souffert et triomphé de la mort.

Voilà la vérité que beaucoup préfèrent contourner : en Israël, les chrétiens aussi sont mis à l’écart, bousculés, humiliés, grignotés par des politiques qui réduisent peu à peu leur espace vital. À entendre certains discours européens sur les racines judéo-chrétiennes, on pourrait croire que les chrétiens de Terre sainte devraient être protégés avec un soin particulier. La réalité, elle, est autrement plus brutale. Ce que Sarah Knafo et Éric Zemmour ne mettent pas en avant dans leur idéologie du judéo-christianisme.

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Les chrétiens du monde entier devraient se sentir concernés

Il faut le dire clairement : cette politique ne blesse pas seulement quelques écoles à Jérusalem. Elle atteint tous les chrétiens attachés à la Terre sainte. Elle scandalise tous ceux qui refusent de voir les derniers bastions chrétiens du berceau de leur foi être lentement étouffés.

Quand des enseignants chrétiens palestiniens sont exclus, quand les institutions chrétiennes sont fragilisées, quand la possibilité même de transmettre la foi, la culture et l’éducation se réduit, c’est un pan entier de la présence chrétienne historique qui vacille.

George Akroush, du Patriarcat latin de Jérusalem, l’a résumé d’une phrase juste : « Cibler les écoles, c’est cibler l’avenir. » Tout est là. On ne s’en prend pas seulement à des salles de classe. On s’en prend à l’avenir d’une communauté.

Le silence occidental devient indécent

Le plus insupportable, dans cette affaire, n’est pas seulement la brutalité de la mesure. C’est aussi le silence embarrassé qui l’entoure. Là où les grandes capitales occidentales aiment invoquer l’histoire, le dialogue, les minorités et la liberté religieuse, on entend bien peu de voix s’élever quand les chrétiens de Jérusalem sont frappés de plein fouet.

Cette retenue est devenue indéfendable.

Si l’Europe parle sans cesse de civilisation, de racines chrétiennes, d’héritage spirituel, alors qu’attend-elle pour regarder en face ce qui se passe à Jérusalem ? Qu’attendent les Églises, les chancelleries, les organisations internationales pour dénoncer avec force une politique qui mine, pierre après pierre, la présence chrétienne dans la ville la plus symbolique du christianisme ?

Jérusalem ne peut pas être vidée de ses chrétiens

L’Église locale tente encore de résister. Des recours juridiques sont étudiés. Des démarches sont engagées. Le Saint-Siège et d’autres partenaires internationaux sont sollicités. Mais chacun comprend désormais qu’il ne s’agit plus d’un simple bras de fer administratif.

C’est une bataille pour la survie.

Les chrétiens de Terre sainte n’ont pas à mendier le droit de rester, d’enseigner, de servir et d’exister dans leur propre ville sainte. Ils n’ont pas à subir cette politique immonde qui frappe leurs écoles, précarise leurs familles et menace leur avenir.

À force de restrictions, de pressions et d’humiliations, c’est toute une présence chrétienne historique que l’on pousse vers le bord du gouffre.

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Et cela devrait scandaliser le monde entier.

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