Justice

Affaire Olivier Bachelet : Un magistrat de Blois mis en examen pour harcèlement et appel au viol contre son ex-épouse

L’institution judiciaire française tente d'étouffer un nouveau scandale. Olivier Bachelet, vice-président du tribunal de Blois, a été mis en examen fin octobre pour harcèlement et appel au viol contre son ex-épouse. Cet homme de 50 ans, censé incarner la Loi, est soupçonné d’avoir orchestré, durant des années, une campagne de terreur numérique d’une brutalité rare, mêlant revenge porn et incitation au crime sur les franges les plus sordides du dark web.

mise à jour le 07/12/25

Sous la toge, le prédateur : l’affaire qui révèle la face cachée de ceux censés nous protéger.

L’escalade méthodique d’un persécuteur en cravate

Les faits, qui s’étalent de 2017 à 2025, dessinent la stratégie patiente d’un bourreau. La séparation en 2014 ouvre les hostilités : d’abord un détective privé, puis la machination se digitalise. Entre avril 2024 et novembre 2025, plus de 3 000 photomontages pornographiques et 350 e-mails infamants sont expédiés à l’entourage professionnel de la victime. Le but ? Sa destruction sociale. Mais l’horreur culmine dans les dark rooms, ces forums cryptés où ses photos intimes, ses coordonnées et même une copie de sa carte d’identité furent diffusées, accompagnées d’un appel explicite à l’enlèvement et au viol. « L’escalade a explosé ces dix-huit derniers mois », résume Me Xavier Autain, l’avocat de la plaignante, dépeignant un risque devenu palpable.

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Une enquête aux allures de parcours du combattant

La victime, salariée de l’École de formation des barreaux, a pourtant alerté à plusieurs reprises : mains courantes en 2018 et 2019, plainte formelle en 2020. Il faudra attendre 2024 pour qu’une enquête soit confiée à la BRDP. L’interpellation de Bachelet en juin 2025, suivie de perquisitions à son domicile et… à son bureau du tribunal, n’a rien arrêté : les actes reprennent huit semaines plus tard. Le 31 octobre, une juge d’instruction parisienne le met finalement en examen sous sept chefs d’accusation, dont association de malfaiteurs et cyberharcèlement. Placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de contact et obligation de soins, le magistrat, officiellement en arrêt maladie, conserve paradoxalement son poste. Le ministère de la Justice promet une saisine du Conseil supérieur de la magistrature pour suspension – une procédure qui, comme souvent, semble suivre avec une désolante lenteur.

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Le déni et le silence, armes d’une institution embarrassée

Face à ces accusations monstrueuses, la défense campe sur la ligne la plus classique : « Mon client est présumé innocent et il conteste les faits », déclare Me Arnaud Simonart. Révélée par Mediapart, l’affaire jette une lumière crue sur les contradictions d’un système où celui qui doit juger est accusé de pires exactions. Elle interroge surtout la capacité de l’institution à se policer elle-même et à protéger les victimes, y compris en son sein. Alors que l’enquête se poursuit, ce dossier ne menace pas seulement la carrière d’un homme ; il entame un peu plus le crédit d’une justice dont les gardiens semblent parfois oublier sous quelle loi ils vivent.

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