Sport

Paraguay-France 0-1 : les Bleus punissent l’antijeu paraguayen et filent vers le Maroc

La France a battu le Paraguay 1-0 et rejoint le Maroc en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Dans un match haché par les fautes et les provocations paraguayennes, les Bleus ont gardé leur calme avant de faire la différence sur un penalty de Kylian Mbappé.

mise à jour le 05/07/26

Quand le ballon va trop vite, certains adversaires trouvent toujours une cheville plus accessible.

La France a battu le Paraguay 1-0 en huitième de finale de la Coupe du monde 2026 grâce à un penalty de Kylian Mbappé. Les Bleus ont survécu à un match haché, nerveux, plombé par les fautes paraguayennes et un arbitrage incapable de remettre de l’ordre.

La France voulait jouer au football. Le Paraguay avait visiblement coché une autre discipline. Pendant de longues minutes, les Bleus ont dû traverser un match sale, fermé, pénible, où l’Albirroja a davantage cherché les jambes françaises que les espaces. Résultat : France-Paraguay s’est terminé sur un 1-0, court mais suffisant, et les hommes de Didier Deschamps verront bien les quarts de finale de la Coupe du monde 2026.

Il y a des équipes qui compensent leurs limites par l’intelligence. Le Paraguay, lui, a préféré le catalogue complet : contacts appuyés, interruptions, provocations, petits gestes, grandes simagrées. Quand le ballon allait trop vite, il restait toujours une cheville à viser ou une minute à gratter. Une méthode rustique, presque artisanale. Pas très belle, pas très moderne, mais au moins parfaitement assumée.

Face à ce théâtre de l’antijeu, les Français ont gardé les nerfs. Ce n’était pas leur match le plus brillant, ni le plus fluide. Mais c’était le genre de rencontre qu’il faut savoir gagner quand l’adversaire a décidé de transformer un huitième de finale en séance de démolition à ciel ouvert.



Le Paraguay a tout tenté, sauf vraiment jouer

Le plan paraguayen était limpide : casser le rythme, couper les circuits, frustrer Mbappé, isoler Olise, bloquer Barcola et faire durer chaque arrêt de jeu comme si le temps réglementaire était une matière négociable. Une stratégie vieille comme le football, mais rarement aussi pénible à regarder.

Le plus étonnant reste l’indulgence arbitrale. L’Ouzbek Ilgiz Tantashev a semblé dépassé par l’ambiance, les contacts et les protestations. Les Paraguayens ont joué avec la limite, souvent au-delà, sans que l’arbitre ne sorte réellement le sifflet au bon moment. Pendant ce temps, les Français, eux, se retrouvaient sous menace. Le monde à l’envers, mais avec crampons.

Bradley Barcola a pris un carton très tôt, puis Manu Koné et Michael Olise ont aussi été avertis. Le Paraguay, lui, a pu multiplier les gestes rugueux avec une tranquillité presque administrative. Il faut croire que l’antijeu devient plus acceptable quand il est répété avec conviction.

Dans ce décor, la France a parfois manqué d’idées. Face à un bloc bas, les recettes sont connues : accélérer, percuter, frapper de loin, provoquer l’erreur. Les Bleus ont surtout tenté de loin, sans toujours trouver le cadre. Manu Koné a été l’un des rares à apporter du danger dans cet exercice, pendant qu’Adrien Rabiot, Barcola et même Mbappé butaient sur une muraille plus accrocheuse qu’inspirée.

Désiré Doué change le match

Il fallait un joueur capable de déséquilibrer dans les petits espaces. L’entrée de Désiré Doué a donné exactement cela à l’équipe de France. Plus vif, plus direct, moins prévisible, le joueur français a forcé le Paraguay à défendre autrement. Et quand une défense habituée aux coups doit soudain défendre avec les pieds, tout devient plus compliqué.

C’est Doué qui a obtenu le penalty décisif. Une faute nette, une intervention paraguayenne de plus, mais cette fois au mauvais endroit. Kylian Mbappé n’a pas tremblé. Le capitaine des Bleus a transformé et libéré la France, pendant que les Paraguayens tentaient encore de perturber le tireur, comme si un dernier numéro de cirque pouvait remplacer une vraie défense.

On a eu droit à tout : discussions, contestations, tentative de gêner le tireur, vérification du point de penalty, agitation collective. La panoplie complète du mauvais perdant avant même d’avoir officiellement perdu. Mbappé, lui, a répondu avec calme. Le genre de calme qui fait encore plus mal à ceux qui cherchent justement à vous faire sortir de votre match.

Le plus cruel pour le Paraguay, c’est peut-être ça : les Bleus n’ont même pas eu besoin de s’énerver. Mbappé a encaissé, souri, attendu, puis marqué. Quand le talent parle, les gesticulations deviennent assez vite décoratives.



Mbappé garde le sourire, le Paraguay perd le fil

Le capitaine français a passé une soirée sous surveillance rapprochée. Parfois trop rapprochée. Chaque ballon semblait accompagné d’un contact, d’une épaule, d’une semelle qui traîne ou d’un geste pour l’agacer. Sauf que Mbappé a l’habitude. On ne devient pas l’un des joueurs les plus décisifs de sa génération en découvrant au mois de juillet que les défenseurs adverses peuvent être pénibles.

Son sourire face aux provocations paraguayennes résume assez bien la différence entre les deux équipes. D’un côté, une sélection française qui sait souffrir, attendre, encaisser et frapper. De l’autre, une équipe paraguayenne qui a cru qu’un match de Coupe du monde se gagnait en étouffant le jeu et en testant la patience de l’arbitre.

On peut évidemment défendre l’intensité, l’engagement, le duel. Le football n’est pas une danse de salon. Mais il y a une frontière entre jouer dur et jouer moche. Le Paraguay l’a traversée plusieurs fois, souvent avec une sérénité désarmante. Les Bleus, eux, ont fini par répondre de la meilleure manière possible : un but, une qualification, et retour au vestiaire.

La France n’a pas été brillante, mais elle a été sérieuse

Il serait trop facile de faire comme si les Bleus avaient livré un récital. Non. Ils ont longtemps peiné à accélérer, à combiner, à trouver leurs attaquants entre les lignes. Olise a été ciblé, Barcola surveillé, Dembélé enfermé, Mbappé privé d’espace. Le Paraguay a bien défendu, quand il se souvenait que défendre n’obligeait pas à distribuer des souvenirs sur les tibias.

Mais la France a montré autre chose : de la maîtrise nerveuse. Et dans ce genre de match, c’est parfois plus important que le jeu léché. Les Bleus n’ont pas cédé aux provocations. Ils n’ont pas transformé la rencontre en bagarre. Ils ont laissé les Paraguayens faire leur numéro, puis ils ont frappé au moment où il fallait.

La victoire 1-0 n’a rien d’un feu d’artifice. Elle ressemble plutôt à une porte forcée avec patience. Pas de grande envolée, pas de festival offensif, mais un résultat net : le Paraguay rentre chez lui, la France continue.



Place au Maroc, et enfin au football

La suite aura une autre allure. La France retrouvera le Maroc en quart de finale, à Boston. Une affiche forte, chargée, attendue. Les souvenirs de 2022 sont encore là, avec la demi-finale remportée 2-0 par les Bleus à Doha. Cette fois, ce sera pour une place dans le dernier carré de la Coupe du monde 2026.

Mbappé retrouvera Achraf Hakimi, ami, adversaire, capitaine face à capitaine. Un duel qui aura plus de noblesse que les coups de coude paraguayens et les pertes de temps maquillées en stratégie. Les Marocains auront leur revanche en tête. Les Français auront leur statut à défendre.

Après Paraguay-France, ce quart arrive presque comme une bonne nouvelle. Un vrai match, une vraie affiche, un vrai défi. La France devra jouer mieux, plus vite, plus juste. Elle ne pourra pas se contenter d’attendre une erreur adverse. Mais au moins, elle aura face à elle une équipe qui veut exister avec le ballon, pas seulement avec les tampons.

Les Bleus ont franchi le mur paraguayen. Pas le plus beau mur du tournoi, plutôt une palissade pleine d’échardes, mais un mur quand même. Ils en sortent avec quelques bosses, un penalty de Mbappé et une qualification. Le Paraguay voulait les faire tomber dans le piège. Il a surtout montré qu’à ce niveau, l’antijeu peut ralentir les meilleurs, pas les arrêter.

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