Société

Euthanasie au Canada : Les assureurs proposent désormais de « vous aider à ne plus coûter cher »

Dominique Reynié, directeur général de la Fondapol, a remis en lumière un chiffre venu du Canada, ce laboratoire nord-américain où le progressisme aime parfois enfiler la blouse du comptable. Selon un rapport officiel du Bureau du directeur parlementaire du budget, publié en octobre 2020, l’aide médicale à mourir (AMM) permettrait d’économiser environ 149 millions de dollars canadiens (92,2 millions d'euros) par an. Le document évaluait alors les conséquences financières de l’élargissement de l’AMM prévu par le projet de loi C-7.

mise à jour le 03/07/26

Avec 92,2 millions d’euros d’économies par an, le Canada prouve qu’une fin de vie peut aussi finir en ligne budgétaire.

Le tableur au chevet du patient

D’après ce rapport, dans le cadre de la loi précédente, dite C-14 et adoptée en 2016, les autorités anticipaient déjà pour 2021 près de 6 465 décès par assistance médicale à mourir. Ces décès devaient générer 86,9 millions de dollars (53,75 millions d’euro) d’économies nettes, une fois déduits les frais administratifs. L’extension aux personnes dont la mort n’était pas jugée « raisonnablement prévisible » devait, elle, ajouter 1 164 cas supplémentaires et 62 millions de dollars (38,35 millions d’euros) d’économies additionnelles. Total projeté : 149 millions de dollars de dépenses de santé en moins. La compassion, manifestement, sait aussi manier Excel.

Une goutte d’eau, mais bien comptée

Le rapport prenait soin de préciser que cette somme ne représentait que 0,08 % des budgets provinciaux de santé. Une broutille, donc, à l’échelle des finances publiques. Mais une broutille suffisamment sérieuse pour être calculée, présentée, publiée et archivée. Il s’agissait d’une projection pour une seule année, et non d’un bilan annuel répété depuis 2016. Depuis, le nombre réel de Canadiens ayant eu recours à l’AMM a fortement progressé, dépassant les 16 000 cas en 2024 selon les rapports annuels de Santé Canada.

La question que personne ne devrait poser

Dominique Reynié a résumé cette logique en évoquant les mutuelles et les assureurs qui pourraient désormais demander, avec la délicatesse d’un conseiller clientèle : « Vous coûtez cher ? Êtes-vous certain de vouloir vivre encore ? » La formule est volontairement provocatrice. Elle n’en pointe pas moins une dérive redoutable : celle d’une société où la fin de vie cesse d’être seulement un sujet médical, éthique ou humain, pour devenir une variable d’ajustement dans les comptes de santé.

Le progrès, mais avec réduction des coûts

Au Canada, pays volontiers présenté comme un modèle de modernité sociale, la mort médicalement assistée s’est donc invitée dans les calculs officiels. Les soins palliatifs, les hospitalisations longues, les traitements lourds et les séjours en soins intensifs coûtent cher. Supprimer la souffrance est une chose ; supprimer le patient en est une autre, nettement plus rentable. Le Bureau du directeur parlementaire du budget l’avait formulé dans la langue froide des administrations : moins de jours à l’hôpital, moins de dépenses, moins de charge pour le système.



Le modèle canadien, bientôt importé

En attendant que la France décide si elle souhaite emprunter cette route, le modèle canadien poursuit son œuvre. Les cas d’assistance à mourir continuent d’augmenter, tandis que les rapports officiels rappellent, de temps à autre, qu’un décès représente aussi des dépenses évitées. La vie humaine comme poste budgétaire compressible : le Canada l’a fait entrer dans les tableurs officiels. Il ne reste plus, désormais, qu’à trouver la bonne campagne de communication.

L’euthanasie des plus faibles, promesse phare d’Emmanuel Macron

Les députés français ont examiné plus de 1 800 amendements, dont 23 seulement ont été adoptés. Après le vote solennel mardi 30 juin, l’adoption définitive est fixée au 15 juillet. Le Pr Philippe Juvin (député LR) en explique les conséquences : les personnes handicapées seraient incapables d’un choix en pleine conscience. L’euthanasie (sous l’hypocrite dénomination d’aide à mourir) deviendrait un assassinat légal.

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