Intelligence Artificielle

Une chercheuse suédoise invente une maladie imaginaire : Les IA diagnostiquent désormais la « bixonimania » et envoient les internautes chez l’ophtalmo

Almira Osmanovic Thunström, chercheuse en médecine à l’Université de Göteborg, a accompli un exploit aussi absurde que révélateur : elle a inventé de toutes pièces une maladie, la bixonimania, et les intelligences artificielles les plus en vue l’ont avalée sans broncher. Cette affection oculaire fictive, caractérisée par des yeux irrités, des démangeaisons, des cernes sombres et des paupières rosées, serait causée par une exposition excessive à la lumière bleue des écrans. Un scénario d’une crédibilité déconcertante en cette année 2026.

mise à jour le 31/05/26

Les IA diagnostiquent désormais des maladies fictives avec une précision chirurgicale.

Des prépublications truquées, mais pas assez pour les IA

Pour mener son expérience, Almira Osmanovic Thunström et son équipe ont publié deux prépublications sur un serveur spécialisé en début d’année 2024. Les articles regorgeaient d’indices si grossiers qu’un lycéen attentif les aurait repérés : auteurs fictifs, université imaginaire, remerciements à l’Académie Starfleet, à la Communauté de l’Anneau ou encore à la Professor Sideshow Bob Foundation for its work in advanced trickery. Un paragraphe précisait même, noir sur blanc, que « l’ensemble de cet article est inventé » et que « cinquante individus fictifs ont été recrutés ».

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Les chatbots, diagnostics sans faille… de l’inexistant

Résultat ? Un sans-faute. ChatGPT, Gemini (Google), Copilot (Microsoft) et Perplexity se sont empressés de décrire la bixonimania comme une maladie rare mais bien réelle, estimant même sa prévalence à un cas sur 90 000. Symptômes, mécanismes liés à la lumière bleue, conseils avisés pour consulter un ophtalmologiste et réduire son temps d’écran… Les chatbots ont rivalisé de professionnalisme pour prescrire des solutions à un mal qui n’existait pas.

Quand la science cite la fiction

Cerise sur le gâteau : trois chercheurs indiens de l’Institut Maharishi Markandeshwar ont cité l’une de ces prépublications dans un article publié dans Cureus, une revue peer-reviewed de Springer Nature. L’article a été retiré une fois la supercherie découverte, mais le mal était fait.

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Nature révèle la mystification

C’est finalement le prestigieux magazine Nature qui, dans son édition du 7 avril 2026, a levé le voile sur cette « masterclass de désinformation ». Les prépublications ont été supprimées, et les IA ont été mises à jour pour reconnaître que la bixonimania n’existe pas… du moins, pour l’instant.



Un rappel salutaire sur les limites de l’IA

Contactée par les médias, Almira Osmanovic Thunström a décliné tout commentaire supplémentaire, se contentant de rappeler que son expérience visait à souligner les risques bien réels de contamination des bases de connaissances par des données erronées. Une leçon utile à l’ère où l’on demande aux machines de distinguer la fatigue oculaire d’une pathologie exotique.

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Moralité : éteignez vos écrans, ça ne guérit pas la bixonimania… mais ça repose les yeux

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