Politique

ZFE : Le gouvernement tente de les réintroduire au niveau local via un amendement, mais l’Assemblée nationale les supprime définitivement

Ce 14 avril 2026, les députés examinaient le projet de loi de simplification de la vie économique. Le gouvernement, dans son infinie subtilité, y avait glissé un amendement visant à ressusciter les Zones à Faibles Émissions (ZFE) – ces enclaves sanitaires où les vieux diesel et autres Crit’Air poussifs n’ont plus qu’à faire demi-tour. Sauf que, cette fois, l’exécutif jouait la carte de la décence apparente : laisser aux maires et intercommunalités le loisir d’en instaurer ou non. Une façon élégante, pensait-on, de sauver la face après le fiasco politique.

mise à jour le 16/04/26

Bercy voulait déléguer aux maires l’impopularité des ZFE, mais personne n’a mordu à l’amende.

« Démocratie en kit » : le cheval de Troie des ZFE

Comme certains observateurs l’ont souligné, cette méthode ne trompe personne : quand une mesure réprouvée ne passe pas en pleine lumière, on la rafistole en sous-main par voie d’amendement. Le gouvernement caressait l’idée de conserver un squelette légal aux ZFE, tout en assouplissant un dispositif haï des automobilistes modestes et des artisans depuis son lancement poussif en 2019. Une vingtaine de métropoles auraient dû s’y coller ; beaucoup y sont allées en traînant les pieds.

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Vote cinglant : l’Assemblée sonne le glas

L’amendement gouvernemental a été balayé : 192 voix contre, 149 pour. Quelques minutes plus tard, le projet de loi de simplification était adopté (275 pour, 225 contre), entérinant par ricochet la suppression définitive des ZFE. Celle-ci avait déjà été actée en commission mixte paritaire début 2026, grâce à une alliance contre-nature entre LR, RN et LFI sur ce seul point. Le bloc central, lui, joue désormais la montre en espérant un recours au Conseil constitutionnel, déjà saisi par des socialistes inconsolables.

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Petits arrangements avec l’air pur

Les ZFE, gloire éphémère du premier quinquennat macronien, devaient asphyxier les véhicules les plus sales (Crit’Air 3, 4, 5, voire 2 selon les villes). Le bilan : des ménages précaires contraints à la casse, des auto-entrepreneurs en rogne, et des zones périurbaines transformées en parkings à ciel ouvert. Le gouvernement aura tenté jusqu’au bout une version optionnelle, décentralisée, presque aimable – mais la majorité parlementaire, lassée des bons sentiments à essence, en a décidé autrement.

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La navette sénatoriale, dernier suspense en date

Le texte part maintenant au Sénat, avec un vote prévu le 15 avril 2026. Si les sénateurs ne bronchent pas, la loi sera définitivement adoptée, à moins d’un coup de ciseau constitutionnel. Une séquence qui résume à elle seule l’écologie à la française : beaucoup d’incantations, peu de réalisme social, et un gouvernement qui finit toujours par reculer quand il ne peut plus passer en force.

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