Économie

Macronie : La facture d’électricité détruit les petits commerces

En ce début 2026, le scandale des tarifs de l'énergie se niche dans les détails. Prenons cette facture EDF du 4 janvier : pour une consommation réelle de 6,13 €, le client règle 112,52 €. L'écrasante majorité de la somme est engloutie par des coûts fixes et un empilement fiscal. Ainsi, même pour un faible usage, on paie avant tout le privilège d'être raccordé à un réseau et de financer, via taxes et contributions, les politiques énergétiques décidées à Bruxelles et transposées avec zèle par le gouvernement. Une arithmétique punitive qui étrangle le quotidien.

mise à jour le 18/01/26

Derrière la vitrine chaude des boulangeries, le froid des chiffres annonce une hécatombe silencieuse.

La fausse bonne nouvelle de Bercy

Le ministre Roland Lescure a daigné annoncer, le 3 janvier, une maigre baisse de la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) à partir de février. Une économie dérisoire de 10 € par an et par foyer, présentée comme une victoire. Bercy se félicite que cette mesure n’ait « aucun impact » sur ses comptes, oubliant de préciser qu’elle ne soulagera en rien le fardeau des entreprises. Cette communication politicienne tient lieu de politique de soutien, une simple paille face à l’inflation structurelle du coût de l’énergie.

Publicité
Pour une consommation EDF de 6,13 euros, la facture est au 4 janvier 2026 de 112,52 €.
Pour une consommation EDF de 6,13 euros, la facture est au 4 janvier 2026 de 112,52 €.

L’hécatombe des entreprises, indicateur d’une politique mortifère

Les chiffres d’Infogreffe pour 2025 sont sans appel : 457 459 entreprises radiées, une hausse de 51,5 %. Derrière cette abstraction statistique se cache la réalité d’un tissu économique délibérément laminé. Les régions industrielles et rurales paient le tribut le plus lourd. Si les créations, majoritairement des micro-entreprises précaires, affichent une progression, elles ne font que masquer l’hémorragie. Les procédures collectives restent à un niveau catastrophique, symptôme d’un environnement hostile : croissance atone, pouvoir d’achat en berne, crédit cher et, surtout, flambée des coûts de production. La stratégie européenne et macronienne de la « destruction créatrice » tourne à la simple destruction.

Facture globale 2025 : consommation 9,49 € HT pour un total de 206,42 € TTC et « Laissez refroidir les plats chauds avant de les mettre au réfrigérateur ».

Les boulangeries, canaris dans la mine

Pilier sentimental de nos centres-villes, la boulangerie-pâtisserie résiste mal à l’étau. Sur les 43 723 établissements recensés, l’écrasante majorité sont des TPE ou micro-entreprises, vulnérables par nature. Le nombre de défaillances baisse légèrement en 2025 (- 3 %), mais ce recul est un leurre après l’hécatombe des années précédentes. La pression vient directement des fournisseurs d’énergie : des factures multipliées par trois, dépassant souvent les 3 000 euros mensuels pour l’usage des fours des boulangeries. Cette charge fixe, incontournable, grève une rentabilité déjà faible. La fréquentation est là, le savoir-faire aussi, mais la marge est dévorée par des coûts administratifs et énergétiques imposés d’en haut.

Publicité

Des aides dérisoires face à un système injuste

Face à la détresse, le pouvoir propose son remède habituel : des formulaires. Il « rappelle » aux artisans assommés l’existence d’un taux réduit de taxe sur l’électricité (TICFE), sous réserve de produire une attestation. En cas de litige avec un géant comme EDF, le gouvernement leur suggère de saisir un médiateur. Une bureaucratie kafkaïenne pour obtenir un allégement minimal, pendant que les règles du marché de l’énergie, conçu pour les grands groupes, les écrasent. Une politique du sparadrap qui ne soigne pas la plaie béante.

Publicité


Perspectives : l’agonie organisée d’un modèle

L’année 2025 aura consacré la grande casse des très petites entreprises. La légère baisse annoncée sur les factures des ménages est un leurre qui ne sauvera pas les commerces. Les boulangeries, symboles d’une France qui travaille et innove localement, sont condamnées à une lente asphyxie si rien ne change. Le gouvernement et l’Union européenne préfèrent visiblement voir émerger un désert commercial, peuplé de chaînes standardisées et résilientes, plutôt que remettre en cause les dogmes libéraux qui tuent l’artisanat. L’équilibre est désormais plus que fragile.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Macronie : La facture d’électricité détruit les petits commerces"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Économie

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous