Le Média en 4-4-2 : Bonjour Ayema, et bienvenue de nouveau sur Le Média en 4-4-2 ! Vous venez nous présenter votre nouvel album « Spiritual Warrior ». Qu’est-ce qui vous a inspiré son titre, et comment reflète-t-il votre vision de l’émancipation et de la souveraineté intérieure dans le contexte actuel ?
Ayema : Spiritual Warrior, ces deux mots sont rarement employés ensemble. Et pourtant « nous sommes en guerre » comme l’a répété tant de fois le PDG de cette grande entreprise qu’on appelle encore la France. C’est bien une guerre, mais elle est avant tout spirituelle, une guerre de 5e génération où les bombes sont psychiques, où le terrorisme est intellectuel et le mental réduit à l’esclavage. Il y a encore de véritables bombes qui tombent sur des enfants innocents dans quelques pays et c’est atroce. Mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer les bombes psychiques qui prennent tant de formes, même les plus insidieuses et qui nous touchent tous, directement ou indirectement. Prendre conscience de cela nous pousse à devenir vraiment vigilants pour rester le plus alignés possible à la vérité. C’est un combat de tous les jours. Le mot « Warrior » a été en quelque sorte rejeté par la communauté « New Age », parce qu’il n’est pas instagramable, il n’a pas sa place dans le monde du business du bien-être et du positivisme absolu. Bien sûr qu’il s’agit de nourrir ce qu’il y a de plus lumineux en nous, mais jamais en ignorant ce qu’il a de plus sombre dans ce monde.
En ce qui concerne l’émancipation et la souveraineté, il s’agit de retrouver le mot perdu, le mot le plus puissant qui soit : « Non ». Il s’agit de faire la distinction entre la force et la violence. La force du « Non » met fin à la violence, à commencer par notre propre violence. C’est se dresser pour la vie quel que soit le prix à payer. Il ne s’agit pas seulement de montrer à quel point nous pouvons être beaux et lumineux mais trouver le courage de descendre dans notre propre enfer pour aller retrouver ce trésor : notre couronne. Le véritable maître n’est pas celui qui a le plus de disciples ou de followers, mais celui qui inspire le plus de maîtres à se révéler à eux-mêmes. L’être souverain ne cherche le pouvoir sur personne et ne permet à personne de prendre le contrôle de son royaume intérieur. Quand suffisamment d’êtres humains auront retrouvé la maîtrise d’eux-mêmes et de leur capacité à créer, il n’y aura plus de place à l’extérieur pour que quiconque prenne le pouvoir sur qui que ce soit. C’est l’essence même du guerrier spirituel, celle qui ramène l’équilibre, l’harmonie, la paix. Pour être très honnête, je suis loin d’incarner tout ce que je dis ici, mais ce qui est certain, c’est que je suis sur le chemin.
Le Média en 4-4-2 : Parmi les titres comme « Gardiens du Vivant » ou « L’Arbre de Vie », lequel capture le mieux l’essence de l’album, et pourquoi ?
Ayema : Spiritual Warrior. C’est un titre qui contient une énergie spéciale même au-delà du texte qui contient beaucoup de références. C’est une invitation à se rassembler et à prendre le chemin du retour. C’est un appel à aller chercher cette force tout au fond de nous.
Le Média en 4-4-2 : Comment intégrez-vous des éléments de hip-hop dans ce style reggae new vibe, et en quoi cela renforce-t-il le message d’éveil collectif ?
Ayema : J’ai commencé par le hip-hop tout en aimant la musique classique, j’avais treize ans quand j’ai commencé à composer mes boucles de violons sur des beats de vinyles crépitants. J’ai toujours adoré produire et composer mes propres morceaux, je n’utilisais quasiment pas de samples. Je me suis construit avec le hip-hop et j’ai vu aussi ses côtés sombres et réalisé à quel point il avait été lui aussi instru-mentalisé. Il y a aussi beaucoup de richesses dans le hip-hop authentique. Rien à voir avec ce que c’est devenu pour la majorité. Mais je trouve que ça apporte une force dans le rythme, c’est une façon d’intégrer mes racines urbaines et ces années de vie dans la jungle de Paris et sa banlieue à frotter mes semelles sur ce bitume qui nous a coupés de la terre mère.
Le Média en 4-4-2 : Pouvez-vous nous décrire le processus de production de « Spiritual Warrior » en tant qu’artiste indépendant, surtout depuis votre installation dans une maison autonome dans le Sud de la France ?
Ayema : C’est simple, j’écris, je compose, j’enregistre, j’arrange, je mixe, je masterise et quand j’ai l’énergie, je tourne mes clips, je les monte et je mets en ligne. Je produis tout de A à Z avec comme quasi seule ressource, mon temps et le petit matériel que j’ai acquis au fil des années : deux micros, un ordinateur, un clavier, un bonne carte son et des enceintes. Pas vraiment besoin de plus. Donc ça ne me coûte pas grand-chose et je suis complètement autonome. Ce qui ne m’empêche pas de travailler avec d’autres artistes quand ça a du sens, au fil des rencontres. La maison c’est un Earthship, autonome en énergie avec récupération d’eau de pluie, elle n’est pas raccordée aux réseaux. Je fais en sorte de m’émanciper le plus possible dans tous les domaines de ma vie. C’est dur, mais je trouve ça donne beaucoup de force. Il ne s’agit pas de s’isoler, il s’agit d’être résilient. C’est une aventure magnifique, qui n’a pas de fin et qui ne demande qu’à ce qu’on fasse le premier pas.
Le Média en 4-4-2 : La collaboration avec Kalune sur « Retour vers la Nature » semble centrale : comment s’est-elle déroulée, et quel rôle joue-t-elle dans l’album ?
Ayema : Je connais Kalune depuis une douzaine d’années, c’est un ami avec qui on se retrouve sur beaucoup de points. Ça s’est fait de façon assez évidente et c’est surtout une aventure autour d’un délire. On s’est dit allez, on le fait ? Et ça a été vraiment magique à vivre. Encore un fois tout en indé avec une équipe de tournage incroyable, des amis qui ont embarqué avec nous pour un retour vers la nature. Ce morceau parle d’un aspect essentiel de l’album : l’équilibre. On voulait dire, c’est bien gentil de vouloir retourner dans la nature mais quand on y est vraiment, on comprend pourquoi on a cherché à se réchauffer au coin du feu. Alors l’idée c’est pas de tout abandonner, mais de retrouver un équilibre et une harmonie avec le vivant. Être à notre juste place, au service. Arrêter de vouloir dominer tout ce qui bouge et pas se laisser dévorer non plus. L’équilibre. On peut être engagé dans une démarche pour le respect du vivant tout en refusant l’arnaque du développement durable et le totalitarisme vert du WEF. La nature ne se développe pas, elle s’équilibre. Il suffit de l’écouter, de la respecter et de se souvenir que nous en faisons partie. Pas besoin de parti pour nous dicter ses lois quand on connaît la loi naturelle.
Le Média en 4-4-2 : Pourquoi avoir choisi une campagne de précommandes via HelloAsso et votre association On Air Creation pour financer « Spiritual Warrior », plutôt que les circuits traditionnels de l’industrie musicale ?
Ayema : Depuis la psychose de masse que nous avons traversée au début de cette décennie, j’ai commencé à faire une croix sur mes envies de réussir dans la musique. Je n’ai jamais aimé le milieu de la musique, à part quelques rencontres exceptionnelles. C’est globalement un milieu de merde et tout le monde le sait. J’ai eu une opportunité il y a un peu plus d’un an de partir dans le « game », major, radios, grâce à une belle rencontre qui a failli me convaincre d’infiltrer le système. Et je me suis dit pourquoi pas, il y a peut-être quelque chose à faire. Mais encore une fois, j’ai vite vu que c’était incompatible et ça m’a permis de ne plus avoir de doute là-dessus. J’ai donc choisi ce qui était le plus simple pour obtenir du soutien financier via cette association qui me permet d’avoir une structure, un petit navire pour naviguer dans la matrice. Et, très honnêtement, on est loin d’avoir trouvé le coffre rempli de pièces d’or, mais le voyage est riche.
Le Média en 4-4-2 : Comment envisagez-vous d’impliquer vos soutiens au-delà des précommandes, par exemple via des expériences collectives comme des concerts ou des ateliers ?
Ayema : Pour être très honnête je ne vais même plus démarcher les salles de concerts, je vais carrément arrêter de chercher à développer quoi que ce soit sur ce projet. C’est très bizarre, j’ai l’impression d’avoir totalement lâché prise, sans pour autant laisser tomber. Le milieu est tellement saturé, les programmateurs reçoivent des centaines de mails par jour, et c’est vraiment épuisant de courir après les gens. Donc oui, je vais organiser mes propres événements et il y a plein de projets annexes qui sont en train d’émerger et c’est très énergisant. Je travaille depuis des années sur les effets du son sur le cerveau, comment certains sons et fréquences nous permettent de développer des choses très intéressantes. Donc j’ai démarré des ateliers et je suis en train d’écrire une conférence. Je vais continuer les concerts et il y a déjà de belles choses qui se présentent.
Le Média en 4-4-2 : Quel message espérez-vous que les auditeurs retiennent de « Spiritual Warrior » face aux crises actuelles, et comment l’album peut-il servir de « nourriture pour l’âme » ?
Ayema : Exactement, la musique est la nourriture de l’âme et c’est important de bien se nourrir. Il y a énormément de poison dans la musique mainstream, de choses ouvertement très sombres, c’est réellement un moyen d’ingénierie sociale et de formatage culturel puissant. Le message essentiel que j’aimerais que les gens retiennent, c’est que la vérité n’est pas relative, soit on s’aligne avec elle et on crée de l’harmonie, soit on l’ignore volontairement parce qu’on en a peur, et on crée de la souffrance et du chaos. Bouddha a dit : il y a deux erreurs avec le chemin de la vérité, la première c’est de pas commencer et la deuxième c’est de ne pas aller jusqu’au bout. Il est l’heure, aujourd’hui je sais à qui je m’adresse et c’est pour ça que je peux dire ce que j’ai au fond du cœur, parce que l’idée ce n’est pas de convaincre qui que ce soit, l’idée c’est de contribuer à ce que les être humains qui résonnent avec ces mots se rassemblent et puisent la force au fond d’eux-mêmes pour faire ce chemin. Nous sommes loin d’être seuls et nous sommes même de plus en plus nombreux.
Le Média en 4-4-2 : Après cet album, quels sont vos prochains projets artistiques ou engagements, en lien avec votre désir de cocréer un monde respectueux des lois du vivant ?
Ayema : Nous sommes en train de créer une communauté d’artistes et d’être humains qui veulent réanimer l’artiste en eux. Nous somme convaincus que l’art a une grande part à jouer pour guérir ce monde. Les artistes ont été trompés avec cette idée de star système, de vouloir percer, ça les détruit : 70 % des artistes sont en dépression. Qu’est-ce que ça dit ? Est-ce qu’on est devenus des entrepreneurs qui comptent chaque jour leur nombre de streams et de followers pour conformer nos créations dans la case de ce qui « marche ». C’est des conneries et on le sait, c’est juste qu’on n’a pas toujours le courage se se l’avouer, et c’est normal, c’est difficile à regarder. Est-ce que nous sommes les promoteurs d’un système d’esclavage mental ? Les architectes de notre propre prison culturelle ? Il y a bien mieux à faire. Je pense que notre force c’est de rester petits mais nombreux, pas chercher à briller sous la fausse lumière des projecteurs, mais de rayonner comme les étoiles que nous sommes déjà, liées les une aux autres dans les constellations. Nous étions tous des artistes étant enfants, peinture, danse, chant… Il est temps de retrouver l’inspiration et d’amener une nouvelle vision, une nouvelle culture, un nouveau monde. C’est le rôle de l’artiste en chacun de nous.
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