1,3 million de passagers en moins à cause du triplement de la taxe sur les billets : La macronie met à terre le transport aérien français

L'Union des Aéroports Français tire le signal d'alarme : le triplement de la taxe de solidarité sur les billets d'avion (TSBA), en vigueur depuis mars 2025, promet une hémorragie de 1,3 million de passagers. Cette mesure, présentée comme un effort de "solidarité", révèle déjà son vrai visage : une punition fiscale qui étrangle la connectivité du pays et offre en spectacle un nouveau fiasco industriel.

mise à jour le 30/11/25

Une politique à courte vue qui asphyxie les compagnies et isole les territoires, au nom d’un idéal écologique biaisé.

Le billet de la discorde

Sous son vernis vertueux, la « taxe Chirac » triplée alourdit la note de 4,77 euros pour les vols courts et jusqu’à 120 euros pour les long-courriers en affaires. Une piqûre de rappel budgétaire dont les compagnies low-cost, aux marges exsangues, se seraient bien passées. Ryanair a donc logiquement rogné de 13 % sa capacité, lâchant Strasbourg, Bergerac et Brive. EasyJet emboîte le pas, réduisant fréquences et lignes. La logique économique, elle, ne prend jamais l’avion sans billet.

Publicité


La désertion programmée

Les chiffres de l’UAF, présentés à Paris, sont sans appel. Pour l’hiver 2025-2026, les aéroports régionaux subiront un manque à gagner de 630 000 voyageurs. Une saignée qui s’amplifie l’été suivant, avec 750 000 passagers évaporés. « Le trafic français plafonne à – 4 % par rapport à 2019 », assène Thomas Juin, président de l’UAF, constatant un « décrochage » de la croissance aérienne hexagonale (1,5 %) face à l’Europe (4,5 %). Preuve que la compétitivité nationale, elle aussi, a été mise en soute.

Les régions, grandes sacrifiées

Les hubs parisiens, qui ont capté la moitié des 205 millions de passagers de 2024, résisteront peut-être. Le reste du territoire, lui, est condamné à la marginalisation. La défection des low-cost sonne le glas des connexions vitales pour le tourisme, les affaires, voire l’accès aux soins. Les beaux esprits évoquent le train, sans doute plus pratique pour relier Brive à Porto.

Publicité


Le mirage écologique

Tandis que le gouvernement se pare de vertu écologique, la mesure rate sa cible. Elle incite moins à la sobriété qu’à la délocalisation des vols vers Bruxelles ou Francfort, où le kérosène est moins taxé. Un contournement qui, au lieu de réduire l’empreinte carbone, l’alourdit par des détours absurdes, tout en privant l’État des recettes escomptées. Une double peine, typiquement française.

Publicité

L’appel dans le vide

L’UAF réclame dans le désert une révision de cette politique fiscale myope. Des discussions sont en cours, mais l’urgence est déjà là. Les passagers, eux, subiront la double peine : moins de choix, et des tarifs en hausse. Ultime ironie : cette taxe, conçue pour financer la solidarité, pourrait bien être celle qui asphyxiera économiquement les territoires qu’elle prétend servir.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "1,3 million de passagers en moins à cause du triplement de la taxe sur les billets : La macronie met à terre le transport aérien français"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Économie

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous