Le coup de force sénatorial
Le Sénat a opposé son veto, ce 23 novembre 2025, à l’amendement visant à abroger l’obligation vaccinale antigrippale pour les soignants libéraux. Cette décision, adoptée à main levée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, enterre la délibération démocratique de l’Assemblée nationale et son étrange coalition allant du Rassemblement national à La France insoumise. Les sénateurs, sans débat substantiel, ont ainsi entériné la ligne dure du gouvernement concernant un vaccin dont efficacité reste à prouver.
Une logique à géométrie variable
L’argumentaire des sénateurs révèle une singulière conception de l’éthique. Corinne Imbert (LR), rapporteure générale, a justifié cette obligation pour les soignants par leur faible taux de vaccination (21%), brandissant la menace d’un système hospitalier sous tension. Paradoxalement, ces mêmes sénateurs ont exonéré les résidents d’Ehpad de cette même obligation, invoquant le respect du consentement et un taux de couverture déjà élevé (83%). On notera cette curieuse hiérarchie où le soignant, présumé sain, perd son autonomie, tandis que le patient fragile la conserve. Un double standard surprenant.
#PLFSS #Sénat – Adoption de l’obligation vaccinale
->Alors que la HAS préconise la recommandation et non l’obligation vaccinale des soignants,
->Alors que les députés l’avaient supprimée,
->Alors qu’aucun pays européen n’a instauré cette obligation…la France s’obstine ⤵️ pic.twitter.com/XFlk9kETgY— Laurence Muller-Bronn, sénatrice du Bas-Rhin (@MullerBronnL) November 23, 2025
Le mépris des équilibres politiques
Ce vote constitue un déni de la représentation nationale. L’Assemblée avait pourtant rejeté cette mesure, cristallisant une opposition transpartisane pour une fois soucieuse des libertés fondamentales et des conséquences pratiques sur l’accès aux soins. Le Sénat, en méprisant ce vote, relègue au second plan les craintes d’une défiance accrue et les profondes fractures héritées de la « crise Covid ». La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, s’est même permise de contester la sagesse sénatoriale concernant les Ehpad, soulignant les disparités derrière la moyenne, sans être entendue.
Vers une nouvelle confrontation
Ce rejet n’est qu’une bataille. Le texte retournera à l’Assemblée pour une seconde lecture, promettant de vifs affrontements. Cette séquence illustre la persistance d’un dogme sanitaire autoritaire, prompt à instrumentaliser le spectre de « l’épidémie » pour justifier la contrainte. Alors que la Haute Autorité de santé doit encore rendre son avis, le législateur précipite son jugement, actant une défiance structurelle envers le libre arbitre des soignants et des citoyens.
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