Selon cette analyse d’Alain Soral qui dérange le confort intellectuel de notre époque, le féminisme dominant est avant tout l’apanage d’une bourgeoisie cultivée. Pour ces dernières, l’accès au monde du travail représente une libération du « rôle humiliant » de mère et de gestionnaire du foyer. Une émancipation toute relative, puisqu’il s’agit moins de devenir ouvrière ou femme de ménage que d’endosser un rôle « valorisant » dans le tertiaire.
Ce discours, présenté comme universel, est en réalité un discours de classe qui s’ignore, soigneusement inculqué aux femmes du prolétariat pour les soumettre aux injonctions du marché. Traditionnellement, ces dernières, déjà astreintes au labeur, rêvent plutôt d’échapper à la double journée pour se consacrer à leur foyer. Ainsi, en essentialisant le combat féminin, on évacue l’analyse économique sérieuse au profit de luttes identitaires futiles, divisant le peuple et servant in fine les détenteurs du capital. Une arnaque idéologique d’une redoutable efficacité.
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