Vendredi soir, à Lestrem, dans le Pas-de-Calais, les gendarmes ont volé la vedette à Dieudonné M’bala M’bala, en interrompant son spectacle avec l’élégance d’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Un arrêté préfectoral, sorti tout droit du chapeau du préfet Bertrand Gaume, a mis fin à la représentation, au motif de préserver l’ordre public. Initialement prévu à Dunkerque, où il avait été interdit, le show avait été reprogrammé à Lestrem. Mais le préfet, plus vif qu’un shérif de western, a dégainé un nouvel arrêté en fin de journée, envoyant les forces de l’ordre jouer les trouble-fête sur scène. Du grand cinéma, mais pas celui qu’espérait le public.
@morisson951Spectacle Dieudonne interrompu par les gendarmes!!!♬ son original – Morisson
Dieudonné, bouc émissaire de la liberté d’expression ?
L’équipe de Dieudonné, pas franchement ravie, a crié à l’« abus de pouvoir » et promis de porter plainte pour « entrave à la liberté d’expression ». Il faut dire que couper un spectacle en plein vol, c’est un peu comme arrêter un match de foot parce que le ballon est trop rond.
« La commandante de gendarmerie a sommé Dieudonné de quitter la scène, le menaçant verbalement (…) l’artiste a été contraint de descendre de scène sous pression, dans ce qui constitue à nos yeux un abus de pouvoir manifeste, une plainte sera déposée dans les prochaines heures » notamment pour « abus d’autorité » et « entrave à la liberté d’expression et de réunion » a affirmé l’équipe de production de l’humoriste.
Oui, Dieudonné n’est pas un saint mais cette traque en direct, sous les projecteurs, ressemble à une démonstration de force d’un pouvoir qui préfère le bâillon au dialogue. On pourrait presque croire que la liberté d’expression est un privilège, pas un droit.
Amir Haddad, l’exception qui confirme la règle
Pendant ce temps, Amir Haddad, ancien soldat israélien et soutien affiché d’un État accusé par certains de pratiques pour le moins discutables, continue de chanter la bouche en cœur, sans qu’un seul gendarme ne vienne perturber ses mélodies. Pas d’arrêté préfectoral, pas de descente de police. La scène française semble être un grand bal où certains ont le droit de valser, tandis que d’autres, comme Dieudonné, sont gentiment – ou pas – priés de rester dehors. La liberté d’expression aurait-elle des lunettes sélectives ? On dirait un menu à la carte : sauce répressive pour les uns, coulant de source pour les autres. Allez, rions tant qu’on nous laisse encore le faire !
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