Politique

Trump gagne du temps face à un Iran inflexible : deux semaines pour la paix… ou une stratégie vers la guerre ?

Trump accorde deux semaines avant de décider d’une intervention militaire contre l’Iran, qui refuse les conditions extrêmes imposées sur son programme nucléaire civil. L’escalade avec Israël reste en toile de fond.

mise à jour le 21/06/25

C’est une pause pour la paix… ou juste le temps de recharger les bombes ?

Donald Trump, fidèle à sa réputation de stratège imprévisible, semble avoir accordé un sursis diplomatique de deux semaines avant de prendre une décision cruciale : engager ou non les États-Unis aux côtés d’Israël dans une éventuelle action militaire contre l’Iran. Mais s’agit-il d’un véritable délai pour la paix ou d’un simple levier de négociation ? Le président américain a exclu le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et la directrice du renseignement national Tulsi Gabbard des discussions de haut niveau sur le conflit en cours entre l’Iran et Israël, ont rapporté NBC News et le Washington Post, citant de hauts responsables de l’administration. Selon NBC , la mise à l’écart de Gabbard découlerait de sa résistance publique et interne au discours officiel américain et israélien selon lequel Téhéran est sur le point d’acquérir des armes nucléaires. Le chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Grossi, a déclaré qu’il n’y avait « aucune preuve » que l’Iran travaillait à la mise au point d’une arme nucléaire. Quel dommage ! la tactique des armes de destruction massive avait si bien marché en Irak…

Deux semaines pour éviter le pire ?

Jeudi, la Maison -Blanche a fait savoir que le président américain rendra sa décision « dans les deux prochaines semaines » quant à une possible intervention dans le conflit israélo-iranien. Cette annonce intervient après une attaque israélienne ciblant des installations nucléaires iraniennes, notamment la centrale enfouie de Fordow, située dans le nord-ouest du pays.

Israël réclame depuis plusieurs semaines le soutien actif des États-Unis, espérant notamment la fourniture de bombes pénétrantes capables de détruire des infrastructures souterraines. L’objectif affiché : empêcher l’Iran d’accéder à l’arme atomique.

Trump face à un Iran qui refuse la capitulation nucléaire

Ce que Donald Trump semble enfin reconnaître, c’est la position intransigeante de Téhéran. L’Iran rejette catégoriquement les conditions américaines exigeant un arrêt total de l’enrichissement d’uranium à usage civil. Un point non négociable, selon les autorités iraniennes, qui rappellent que leur programme nucléaire est encadré par le Traité de non-prolifération (TNP) et que les installations comme celle de Bushehr ont été développées avec l’appui de la Russie, dans un cadre purement civil et pacifique. Une protection militaire anti-aérienne n’a pas été fournie par la Russie, car l’Iran a refusé tout accord miltaire, préférant rester indépendant, à ses risques et périls.

Ce rejet de la « reddition nucléaire » renforce l’impasse diplomatique. Téhéran, bien qu’affaibli par les sanctions et les récentes frappes israéliennes, reste ferme sur ses droits nucléaires.

Une stratégie du chaos contrôlé ?

Le flou entretenu par Trump pourrait servir plusieurs objectifs. D’un côté, cela laisse une marge à d’éventuelles négociations, mais cela permet aussi à Washington de préparer discrètement le terrain militaire, si jamais la voie diplomatique échoue.

Pour certains analystes, cette posture relève d’une méthode bien connue de Trump : souffler le chaud et le froid pour désorienter l’adversaire. En prétendant rester ouvert au dialogue tout en maintenant une pression militaire, il espère forcer l’Iran à céder sur l’essentiel.

Selon les propos recueilli par Aljazeera, Jamal Abdi, président du Conseil national irano-américain, évoque même une tactique psychologique : « Trump se présente comme un joueur imprévisible, capable de tout. Ce flou artistique est destiné à pousser Téhéran à faire des concessions qu’il n’aurait jamais acceptées autrement. »

Des négociations sous tension

Mais tout le monde ne partage pas cet optimisme tactique. Mona Yacoubian, experte du Moyen-Orient au CSIS, souligne que les deux semaines évoquées pourraient tout aussi bien être utilisées pour déployer discrètement du matériel militaire ou repositionner des troupes. En clair, la diplomatie pourrait n’être qu’une couverture.

De plus, en privé, plusieurs conseillers de la Maison-Blanche s’inquiètent de l’incohérence du discours présidentiel. En l’espace de quelques semaines, Trump est passé de l’assurance d’un accord proche avec l’Iran à des déclarations alarmistes sur une possible bombe iranienne « en préparation ».

Entre paix fragile et guerre larvée

Ce délai de deux semaines ne signifie donc pas la paix, mais une incertitude stratégique. Dans le même temps, la rue iranienne reste mobilisée, le pouvoir iranien uni dans sa volonté de ne pas céder aux injonctions américaines et les alliés régionaux, d’un côté comme de l’autre, se tiennent prêts.

À ce stade, nul ne sait si cette pause temporaire débouchera sur une désescalade ou une explosion. Une chose est sûre : face à un Iran déterminé à faire respecter sa souveraineté nucléaire, la politique de la menace pourrait ne plus suffire. Mais vers quoi la stratégie du chaos peut-elle mener ?

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1 commentaire sur "Trump gagne du temps face à un Iran inflexible : deux semaines pour la paix… ou une stratégie vers la guerre ?"

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  1. Arf, « Trump s’accorde deux semaines avant de décider d’une intervention », je serai iranien, je bloquerai le détroit d’Ormuz pendant quelques jours pour faire pression, avec un prix du baril de pétrole doublé en un claquement de doigt ! Tout ce qui intéresse Trump c’est le pognon et les Russes ne diront pas non à cette augmentation !
    Trump n’est pas un Faucon mais c’est un faux-cul !

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