Michel Clouscard, né en 1928 à Montpinier, a consacré sa vie à analyser les transformations imposées par le capitalisme à la société. Dans son ouvrage phare, « Le Capitalisme de la séduction », il décrypte les processus qui ont mené à l’émergence de ce système, en décortiquant les enjeux idéologiques et les conséquences sociales, culturelles et économiques. Il dénonce la disparition de la figure du travailleur de la scène médiatique et l’émergence d’une société où la consommation et les « marchés de la séduction » dominent la moyenne bourgeoisie. Un capitalisme plus soft que celui de la classe possédante gaulliste. Ses enfants s’empresseront de critiquer l’« embourgeoisement » consumériste de la classe ouvrière lorsqu’elle pourra enfin acquérir des biens d’équipement (réfrigérateur, automobile…). Les nouveaux philosophes très médiatiques s’empresseront de brouiller les pistes avec des concepts fumeux, telle que « l’idéologie du désir », afin que la réalité échappe à l’analyse. Utilisant des concepts marxistes, Michel Clouscard, loin d’être dépassé, aide à déjouer les pièges idéologiques du système capitaliste actuel.
Le sociologue met en lumière rôle crucial du plan Marshall dans cette transformation, en intégrant les couches moyennes dans un nouveau modèle de consommation afin d’éviter une prise de pouvoir des communistes. Son analyse reste d’une pertinence saisissante pour comprendre les dynamiques actuelles de notre société et l’absence presque totale de représentation des ouvriers dans les médias tout comme à l’Assemblée nationale et au Sénat. Le plan Marshall a fini par accoucher d’un président passé par la banque Rothschild prétendant être ni de droite ni de gauche. Pompidou, sortant de la même banque, n’avait quand même pas osé.
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