Politique internationale

Conseil européen : Le poisson pourrit toujours par la tête

Un Conseil européen de 27 États membres de l'Union européenne s'est réuni le 6 mars 2025 pour entériner le plan « Réarmer l’Europe ». À la tête de cette assemblée : le président du Conseil européen et la présidente de la Commission européenne.

mise à jour le 09/03/25

Les affaires vont bien, même si la paix risque de toucher l’Ukraine.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait quitté son poste de ministre de la Défense en Allemagne après une affaire de corruption. Devenue présidente de la Commission européenne elle a pu continuer ses activités… Le Tribunal administratif de l’UE l’a condamnée pour son manque de transparence dans l’affaire du « Pfizer Gate ». Que ce soit les « vaccins » ou le Paxlovid, elle a toujours défendu les intérêts de Pfizer. On la connaît bien. En revanche le président du Conseil européen nous est presque inconnu.

Le président du Conseil européen est António Luís Santos da Costa. C’est un grand collectionneur de médailles honorifiques. Il en a reçu 39, dont le Grand collier de l’ordre de la Tour et de l’Épée, le collier de l’ordre du Nil, la grand-croix avec diamants de l’ordre du Soleil… Son parcours est très proche de celui d’Ursula von der Leyen. Il a fui un scandale dans son pays pour s’intaller confortablement dans un fauteuil européen en décembre 2024.
Innocent d’un trafic d’influence ?
Premier ministre du Portugal, il était tombé à cause d’une affaire de trafic d’influence relative à l’attribution de concessions d’exploration de lithium. Lors de perquisitions au sein de sa résidence officielle, les enquêteurs avaient découvert dans le bureau de son directeur de cabinet 78 000 euros en petites coupures, dissimulés dans les livres d’une bibliothèque et dans des caisses de vin. Son nom est cité dans des dizaines d’écoutes de conversations tenues entre les différents suspects. La police l’aurait confondu avec un autre Da Costa. Cette erreur de transcription ne concerne cependant qu’une seule pièce du dossier le mettant en cause, sans menacer les fondements de l’enquête pour prévarication à son encontre.
Coupable de prévarication
Il a participé à l’élaboration d’une loi d’aménagement du territoire, au profit du fonds d’investissement américain Davidson Kempner Capital Management et de son partenaire britannique Pioneer Point Partners qui projetaient de bâtir un méga centre de données près du port de Sines (sud-ouest). Un investissement de 3,5 milliards d’euros. Il doit démissionner et se retrouve à la tête du Conseil européen.
Des compétences incontestables
Il apporte de chatoyantes idées de réforme du Conseil européen. Ainsi les responsables européens avaient souvent regretté que les sommets conjoints de l’UE soient devenus des champs de bataille autour de la formulation des conclusions. Qu’à cela ne tienne ! António Costa a proposé une nouvelle approche institutionnelle, avec pour ambition que « les sommets européens ne durent qu’un jour au lieu de deux et que les conclusions soient rédigées avant que les dirigeants ne s’assoient à la table des négociations, même si cela pourrait s’avérer impossible pour des discussions cruciales telles que le budget ».

Ses conceptions originales d’organisation des débats ne l’empêchent pas de s’aligner strictement sur Ursula von der Leyen. Tous les deux semblent vouloir prolonger la guerre en Ukraine au maximum. « La paix ne peut pas être la paix d’un cimetière. La paix ne peut pas être synonyme de capitulation. La paix ne doit pas récompenser l’agression. La paix en Ukraine doit être juste. Elle doit être durable. »

Et pendant ce temps, la vente d’armes continue

La conférence de presse à Dassault Aviation a eu lieu juste le même jour que l’allocution guerrière d’Emmanuel Macron. Les affaires vont bien, même si la paix risque de toucher l’Ukraine. Et puis l’aviation de combat réduit fortement son empreinte carbone. Comment ne pas s’en réjouir ?

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