Politique

Vols, fuites et fraudes : Le brillant bilan de l’ex-présidente du Louvre récompensé par une mission présidentielle

Elle aura tenu jusqu'à la dernière minute. Laurence des Cars, la présidente du Louvre nommée par Emmanuel Macron en 2021, a fini par rendre son tablier ce 24 février 2026. Une démission que tout le monde attendait depuis des mois – sauf peut-être elle. Car entre-temps, le plus grand musée du monde s'est transformé en galerie des horreurs administratives : bijoux impériaux volatilisés dans la Galerie d'Apollon, système de surveillance protégé par le mot de passe "Louvre", 400 artefacts égyptiens noyés sous une fuite d'eau, plafonds menaçant de s'effondrer dans la galerie Campana, et une fraude à la billetterie à 10 millions d'euros. Le tout sur fond de grèves à répétition d'agents épuisés. Mais ce n'était pas une raison pour partir plus tôt. Il fallait d'abord que le chef de l'État ait le temps de préparer sa reconversion.

mise à jour le 28/02/26

Dix millions d’euros de fraude, des antiquités noyées, des bijoux envolés : le bilan de Laurence des Cars méritait bien un G7.

De Versailles à l’impasse : itinéraire d’une enfant gâtée de la République

Dès janvier 2025, des Cars alertait sur le sous-équipement du musée. Mais alerter n’est pas agir, et l’inaction a un prix. Quand les bijoux impériaux disparaissent en octobre, elle présente sa démission à Rachida Dati. Refusée. Pourquoi ? Parce qu’avouer un échec aussi retentissant sous le quinquennat Macron aurait été politiquement inconvenant. Alors on serre les dents. On attend que l’eau endommage les collections égyptiennes. On attend que les syndicats paralysent l’institution. On attend que les enquêteurs parlementaires commencent leur travail. Et quand enfin la situation devient intenable, on organise une sortie par la petite porte – avec une issue de secours déjà verrouillée de l’intérieur par l’Élysée.

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Le G7 ou la preuve que l’échec est la plus belle des recommandations

À peine démissionnaire, Laurence des Cars se voit confier par le président une mission ronflante sur la « coopération entre grands musées » dans le cadre du G7 d’Évian. L’Élysée évoque son « expertise scientifique incontestable ». On sourit. Car si l’expertise se mesurait aux désastres accumulés, des Cars serait effectivement la personne la plus qualifiée au monde pour expliquer comment ne pas diriger un musée. Le cynisme du système atteint ici des sommets : pendant que son successeur Christophe Leribault hérite du champ de ruines, la glorieuse démissionnaire s’envole vers les sommets helvétiques, missionnée pour représenter cette même culture française dont elle a laissé le vaisseau amiral faire naufrage. Interrogée par Le Figaro, elle lance un « Je ne suis pas une femme politique, je suis une directrice de musée » aussi savoureux qu’ironique pour quelqu’un dont toute la carrière repose sur des nominations politiques.

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L’art de la fuite en avant version macronie

Le plus beau dans cette affaire ? La commission d’enquête parlementaire visitait le Louvre pendant que des Cars filait à l’anglaise. Une esquive magistrale qui évite les questions gênantes sur son bilan. « Il y a une vie après le Louvre », philosophait-elle. Sans doute. Mais quand cette vie est confortablement financée par les deniers publics après avoir conduit le musée au bord du gouffre, on est en droit de s’interroger sur ce que la République entend récompenser. Le système macronien, dans sa splendeur, transforme les échecs cuisants en tremplins dorés, les gestionnaires catastrophiques en expertes internationales. Pendant ce temps, le Louvre panse ses plaies et les contribuables paient les violons d’une élite qui ne connaît qu’une musique : celle de sa propre survie.

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