L’analyse de Youssef Hindi dévoile une généalogie troublante, du sabato-frankisme du XVIIe siècle – ce courant hérétique prônant la « rédemption par le péché » et le chaos comme préalable à l’ère messianique – aux théoriciens athées du sionisme. Ce nihilisme, à la fois guerrier et suicidaire, trouve son manuel dans le Livre de Josué, où l’anéantissement de « tout ce qui respire » est érigé en commandement divin.
Les références explicites de Netanyahou à Amalek et les déclarations de ses ministres sur les « animaux humains » ne sont donc pas de simples métaphores, mais la mise en pratique d’une idéologie où la table rase devient un acte sacré. Cette fuite en avant, qui a conduit Israël à sacrifier son crédit international sur l’autel d’un génocide, révèle l’essence d’un projet politique : un messianisme perverti qui, pour s’accomplir, doit inéluctablement tout détruire sur son passage, y compris lui-même.
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