La clause du Clin d’Œil
Par crainte de réquisitions judiciaires étrangères, Israël a exigé un système d’alerte discret. Google et Amazon s’y plient en effectuant des virements symboliques : le montant, en shekels, correspond au code téléphonique du pays enquêteur. Pour les États-Unis (+1), 1000 shekels. Pour la France (+33), 3300. Ce subterfuge financier, s’il contourne allègrement le droit international, illustre une froide mécanique où la loi se monnaie. Des juristes y voient un risque criminel ; les parties contractantes, une clause de bon sens.
🇺🇸🇮🇱🚨 The Guardian révèle l’existence d’un accord secret entre Amazon, Google et Israël pic.twitter.com/hst24ISOhk
— The NEWS (@news_and_truth) November 2, 2025
L’abonnement à l’impunité
Plus accablante encore est la clause « zéro restriction ». Elle garantit à l’État hébreu une immunité technologique totale, lui assurant la continuité de ses services cloud même si leurs applications violent les chartes des entreprises en matière de droits humains. Que ces infrastructures servent à la surveillance de masse ou au ciblage de populations civiles, les prestataires s’interdisent toute interruption. Une passivité rémunératrice qui contraste avec la décision de Microsoft, en 2025, de suspendre ses services à Israël pour éviter de faciliter la « surveillance massive des civils ».
Le Mur des Dénegations
Face aux protestations de leurs propres employés et aux révélations de la presse, Google et Amazon campent sur une ligne défensive d’une belle constance. Le premier qualifie les allégations « d’absurdes », le second se retranche derrière le sacro-saint « secret client ». Le ministère israélien des Finances, quant à lui, invoque des « obligations contractuelles strictes » pour protéger ses « intérêts vitaux ». Un euphémisme qui semble englober aussi bien la sécurité nationale que la perpétuation d’une occupation illégale.
La complicité comme modèle d’affaires
Au-delà des clauses et des dénis, Nimbus consacre un précédent dangereux : la souveraineté technologique des États peut désormais s’acheter, au prix de l’érosion des normes internationales. En sanctuarisant les données d’un pouvoir controversé, Google et Amazon ne sont plus de simples fournisseurs. Ils deviennent les architectes de l’opacité et les garants de l’impunité. Cette alliance scellée dans le secret sonne le glas de toute velléité d’éthique dans le numérique, et acte la transformation de l’outil cloud en arme de domination.
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