Le modus operandi est d’une simplicité désarmante, à l’image de la pensée qu’il sous-tend. Il s’agit de se réunir pour contempler, dans une crampe géante de l’immobilisme, le défilé des catastrophes au journal de 20 heures, tel un « 1, 2, 3 soleil » national où la statue à ne pas bouger est celle du citoyen. Le recrutement, lui, est d’une redoutable efficacité : il suffit de pointer l’hypocrisie de ceux qui clament ne « rien faire pour que ça change » ou de capitaliser sur les images de répression policière pour grossir les rangs. Ainsi se forge une confraternité du renoncement, cimentée par un pouvoir en place jouant le rôle de fédérateur suprême.
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