Société

Pays-Bas : Un adolescent autiste euthanasié, la dérive d’un système hors de contrôle

Aux Pays-Bas, l’euthanasie pour raisons psychiatriques n’est plus marginale. Elle s’installe dans le paysage médical, jusqu’à concerner des adolescents. En 2023, un jeune autiste de 16 à 18 ans a été euthanasié, après avoir décrit sa vie comme une « épreuve insupportable », rythmée par l’anxiété, les troubles de l’humeur et une hypersensibilité sensorielle paralysante. Le médecin a validé sa demande au motif que sa souffrance était « sans perspective d’amélioration » et que « toutes les alternatives thérapeutiques avaient été épuisées ». Ce cas, loin d’être isolé, s’inscrit dans une tendance lourde : 219 euthanasies psychiatriques en 2024, dont 30 chez les 18-30 ans, contre 88 en 2020.

mise à jour le 03/04/26

Un adolescent autiste ici, une jeune femme brisée là : l’Europe euthanasie désormais ceux qu’elle ne sait plus soigner.

La loi néerlandaise de 2002, pionnière en Europe, autorise l’euthanasie pour souffrance psychique — autisme, dépression, troubles de la personnalité — dès lors que les critères de « souffrance insupportable » et de « capacité de décision » sont remplis. Mais quand la souffrance relève moins d’une pathologie incurable que d’une détresse existentielle ou neurodéveloppementale, la frontière entre compassion et abandon se trouble. Certains y voient une « pente glissante » : et si la société, plutôt que de soigner, choisissait désormais d’éliminer ?

Publicité


Espagne : Noelia, ou l’échec d’un système qui tue au nom de la liberté

Le 26 mars 2026, Noelia Castillo Ramos, 25 ans, a été euthanasiée à Barcelone. Paraplégique après une tentative de suicide en 2022, consécutive à des violences sexuelles, elle invoquait des « souffrances insupportables », physiques et psychiques. Sa demande, validée en 2024, a pourtant suscité une bataille judiciaire acharnée. Son père, Gerónimo Castillo, soutenu par l’association Abogados Cristianos, a épuisé tous les recours, jusqu’au Tribunal suprême et à la Cour européenne des droits de l’homme. Son argument ? Noelia, fragilisée par son traumatisme, n’était pas en état de consentir sereinement.

Pire : quelques jours avant l’injection létale, elle a demandé un report de six mois « pour prendre le temps de réfléchir ». Refus catégorique des autorités, au prétexte que ses « doutes n’avaient aucune valeur juridique ». Elle est morte seule, vêtue de sa robe préférée, tandis que ses organes étaient prélevés immédiatement après sa mort — un détail qui a alimenté les soupçons de conflits d’intérêts entre commissions d’euthanasie et équipes de transplantation.

Publicité

Son avocate, Polonia Castellanos, résume l’absurdité de la situation : « Elle a demandé du temps. On le lui a refusé. » Ce cas a divisé l’Espagne et relancé un débat crucial : comment garantir un consentement libre et éclairé quand la souffrance altère le jugement ?



Deux pays, une même dérive : l’euthanasie comme solution de facilité

Pays-Bas, Espagne : deux nations, une même logique. L’euthanasie, initialement conçue pour abréger des souffrances physiques insupportables en phase terminale, s’étend désormais à des détresses psychiques, existentielles, voire sociales. Un adolescent autiste, une jeune femme traumatisée : leurs visages incarnent désormais la « pente glissante » que redoutaient les opposants à ces lois.

Publicité

Le débat dépasse désormais les frontières. Au Canada, où l’euthanasie pour troubles psychiatriques a failli être autorisée, ou en France, où la question agite régulièrement l’opinion, ces exemples posent une question glaçante : jusqu’où une société peut-elle légitimer la mort comme réponse à la souffrance ? Quand l’État se mue en arbitre de la valeur d’une vie, le risque n’est plus théorique. Il a un nom, un âge, et une date de décès programmée.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Pays-Bas : Un adolescent autiste euthanasié, la dérive d’un système hors de contrôle"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Société

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous