Conflits

Fabien Mandon (chef d’état-major) : « Les armées doivent se préparer à un choc dans les 3 à 4 ans contre la Russie »

L'audition de Fabien Mandon devant la commission des Finances, le 23 octobre, a délivré un message d'une brutalité rare. Le chef d'état-major de l'armée française a déclaré, sans ambages, préparer les armées à un « choc » avec la Russie « dans les trois à quatre ans ». Une confrontation qu'il présente comme un « test » probable, plus violent que les actions hybrides actuelles. Pour Fabien Mandon, « La Russie est un pays qui peut être tenté de poursuivre la guerre sur notre continent », justifiant ainsi une orientation stratégique et budgétaire déjà actée.

mise à jour le 23/10/25

Fabrique du consentement : L’état-major français brandit la menace russe pour justifier une escalade militaire et budgétaire sans précédent.

Cette annonce, loin d’être une analyse, s’apparente à un exercice de conditionnement. Le langage de la certitude conflictuelle sert à imposer un état d’urgence permanent, verrouillant tout débat sur les finalités réelles de cette course à l’armement.


La peur comme instrument de politique intérieure

Le discours de Fabien Mandon repose sur un syllogisme implacable : Poutine ne sera dissuadé que par la démonstration de notre volonté de nous défendre ; donc, il faut afficher une préparation belliqueuse. Cette rhétorique transforme un horizon géopolitique complexe en une menace existentielle simple, utile pour obtenir des crédits. Le projet de loi de finances 2026, avec ses augmentations massives pour la Défense, en devient la conséquence naturelle, une nécessité imposée par la peur.

Pourtant, cette prophétie est autoréalisatrice. En désignant Moscou comme l’ennemi inéluctable, Paris renonce à toute velléité de médiation et valide la logique de la confrontation. Les nuances du conflit en Ukraine sont évacuées au profit d’un récit manichéen, où la diplomatie est présentée comme une faiblesse. La « dissuasion » invoquée n’est que le masque français d’une stratégie atlantiste visant à maintenir l’hégémonie occidentale.

Le messager et son message

Le profil de Fabien Mandon ajoute au trouble. Son débit hésitant, presque frileux, contraste singulièrement avec la radicalité de ses propos. On croirait entendre un fonctionnaire récitant une note stratégique rédigée ailleurs, peut-être à Washington. Cette discordance interroge : le chef militaire est-il le concepteur d’une doctrine ou simplement le porte-voix d’une politique alignée sur les intérêts américains ?

Sa déclaration inverse astucieusement les responsabilités. « La Russie ne peut pas nous faire peur, si on a envie de se défendre », affirme-t-il. En réalité, c’est bien cette communication anxiogène qui instille la peur dans la population, détournant l’attention des crises sociales et économiques que son budget aggrave. La sécurité nationale, ainsi définie, justifie l’appauvrissement des services publics.



Vers l’acceptation de l’inéluctable

Cette opération de persuasion ne se limite pas à l’hémicycle. Elle est relayée par un écosystème médiatique acquis à la cause atlantiste, préparant les esprits à l’idée d’un conflit armé. Des canaux d’information alternatifs, comme Kompromat, dénoncent cette fabrique du consentement, soulignant comment des figures officielles conditionnent les populations à accepter l’inacceptable.

L’enjeu est de taille : une nouvelle guerre froide, dont les premières victimes seront les citoyens européens, appelés à sacrifier leur prospérité et peut-être leurs vies pour une guerre qui ne les concerne pas. Fabien Mandon n’est pas un visionnaire, mais un fossoyeur de la paix. Sa prophétie guerrière est une insulte à la raison et un pari dangereux sur l’avenir du continent.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "Fabien Mandon (chef d’état-major) : « Les armées doivent se préparer à un choc dans les 3 à 4 ans contre la Russie »"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Conflits

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous