Pénurie de berceaux, surabondance de calculettes
Le rapport du CSJ, Baby Bust, est un brûlot. En substance : les Anglaises ne font plus assez de petits Anglais. Près de 3 millions de femmes en âge de procréer passeront leur vie sans enfant, soit 600 000 de plus que leurs aïeules. Bilan comptable : 1,4 million de contribuables qui ne verront jamais le jour. Le taux de fécondité, lui, s’effondre à 1,41 enfant par femme. Loin, très loin des 2,1 nécessaires pour renouveler les bataillons de cotisants.
Le hic, c’est que 90 % des femmes interrogées jurent vouloir des marmots. Mais entre le rêve et la réalité, il y a un gouffre qui s’appelle la précarité.
La faute aux « vieux » et à leurs murs
Les coupables sont désignés. Pas les politiques, ni le chômage. Non. Le mariage tardif et les emmerdements financiers. On se marie à 31 ans au lieu de 22 en 1970, on fait le premier gosse à 29 piges au lieu de 23. Le temps de trouver un logement, un CDI, de rembourser ses études. Pendant ce temps, l’horloge tourne. Et l’utérus, lui, n’attend pas.
Travailler, crever, et fermer sa gueule
Alors le CSJ a fait ses calculs. Pour que les vieux continuent de toucher leur pension sans que l’État ne s’effondre, il faudrait que les gamins d’aujourd’hui partent en retraite à 75 ans. En 1970, on était quatre à bosser pour un retraité. Aujourd’hui, 3,5. Demain, 2 pour 1. Les plus de 65 ans, eux, passeront de 13 à 17 millions d’ici 2043. Quant à la dette publique, elle devrait avoisiner les 270 % du PIB d’ici 2070. Rien que ça.
Le retour de la machine à fabriquer du pauvre
Edward Davies, le monsieur calcul du CSJ, agite le chiffon rouge : « On fonce dans le mur, les enfants paieront ». Logique. Pour sauver les meubles, son think tank sort la boîte à outils : mariage précoce, apprentissage à 14 ans, allocations pour les jeunes couples, et un grand coup de balai dans les dépenses publiques pour les rediriger des baby-boomers (car ce sont eux les grands coupables et absolument pas les hauts fonctionnaires et les dirigeants) vers les familles. La France et sa fiscalité « familiale » sont citées en exemple. La Hongrie d’Orban aussi.
Pendant que les maternités ferment et que les crèches manquent, les philanthropes expliquent aux femmes qu’elles n’ont pas assez pondu. Et aux enfants qu’ils cotiseront jusqu’au bout de la nuit. Le gouvernement Starmer, lui, regarde ses chaussures. La bombe démographique est sur le bureau. Qui osera désamorcer ce qu’il a mis en place ?
Arrêtez de pleurnicher, vous êtes ennuyeux à la fin. Qui a dit que vous étiez des tapettes et que la vie est un long fleuve tranquille? J’ai travaillé jusqu’à près de soixante dix ans, ai connu les paies en cash au jour le jour, à la semaine, puis virés à la banque pour favoriser les banksters. De même que la retraite officielle à soixante cinq ans et les semaines de soixante dix à quatre vingt dix heures. Je me suis arrêté il y a peu, ai vécu et continu de vivre. Et je ne suis certainement pas le seul. Il est vrai, je nebois pas, nefume pas neme droguepaPeut être conviendrait-il de cesser de se caresser dans le sens du poil.
« En 1970, on était quatre à bosser pour un retraité. Aujourd’hui, 3,5. Demain, 2 pour 1. »
Ne pas comparer les torchons et les serviettes : avec les avancées techniques majeures (dont, notamment, l’informatique et internet), la productivité d’un employé de bureau a été multipliée par 4 en 40 ans. Largement suffisant pour couvrir la baisse de natalité.