Complotiste : l’art de médicaliser la vérité

2 avril 2021 | Culture, Musique, Vidéos

Le Média en 4-4-2 est aussi un lieu où des collaborations naissent et l’on peut dire que Jeffrey et Ricothom se sont bien trouvés, afin d’expliquer avec les mots sur fond musical : Qu’est-ce qu’un complot ?

Version manuscrite :

À l’heure de la censure, un phénomène prend de l’ampleur, celui d’une volonté de médicaliser la pensée libre. Là, où la démagogie consisterait à dire Je suis Charlie. Nous constatons que la liberté d’expression fait l’objet d’un deux poids deux mesures politiquement correct, en qualifiant de « complotiste » non seulement les lanceurs d’alerte mais également l’ensemble de ceux qui portent un discours à contre-courant du dogme officiel. Mais que signifie le terme « complotiste » ?

Pour le comprendre parlons d’abord de complot, qu’est-ce qu’un complot ? Il s’agit de l’intention de fomenter en secret un projet ayant pour vocation de nuire à quelqu’un ou à une institution. Mais une fausse croyance est de mise. Celle de l’idée qui consisterait à croire que les acteurs du pouvoir seraient exempts d’agir contre nos intérêts. En effet, imaginer qu’ils ne sont pas capables du pire et que leurs actes relèvent plutôt de leur incompétence, oui c’est empêcher le diagnostic de leur trahison. Mais, c’est en plus les déshumaniser en construisant une fiction, une vue subjective de qui ils sont et donc de quoi ils sont capables. Or, nous ne comptons plus le nombre d’entre eux faisant l’objet d’une protection institutionnalisée qui sont pourtant impliqués dans des affaires de corruption, d’extorsion de fonds et même d’agression.

Le complot est devenu une fiction que la réalité dépasse largement. L’art de dénaturer le sens des mots en nommant par exemple le problème du nom de la solution annihile et rend difficile le combat contre ce qui est proposé comme la représentation du bien, mais en fait, ce n’est rien qu’une prison de la pensée. Un bien déguisé dont l’habit ne fait pas le moine, comme on dit, le diable se cache les détails. Ne pouvons-nous donc pas qualifier ceci de conditionnement ou d’aliénation ?

On peut facilement démontrer que l’histoire et aussi l’actualité, révèlent que les complots existent bel et bien. Maintenant qu’est-ce qu’un complotiste ? Selon la définition il s’agit d’un défenseur d’une théorie du complot. Nous pouvons sans aucun doute démontrer que les complots existent, mais dans le terme « théorie du complot » n’y a-t-il pas le mot « théorie » ? Donc posons-nous d’abord la question, qu’est-ce qu’une théorie ? C’est l’action de faire la démonstration d’une hypothèse par le biais de connaissances vérifiées et de règles logiques. Cette action prend substance en sa capacité à ne pouvoir être réfutée autrement que par une contre théorie ou par ce que nous pouvons qualifier de vérité.

Nous avons donc bien compris cela. Posons nous alors la question : la rhétorique du contre argument visant à qualifier de complotiste une personne qui tente de faire la démonstration d’une réalité qu’il pense véritable, est-elle valable ? Nous pouvons en douter et précisons aussi qu’en psychiatrie et en psychologie, être complotiste n’est pas une pathologie. Donc l’idée d’associer le complotisme à une déviance est erronée. Parlons aussi de ce fait trop habituel de vouloir clore tous débats par une simple objection qualifiant son interlocuteur de complotiste, comme si cela suffisait à démontrer que tous ses arguments sont faux. En effet, cette attitude ne fait au final que mettre en exergue le discours que portait un défenseur d’une théorie du complot. Cette soit-disant évidence de qualification relève ici plus du dictat que du débat.

En fait, qualifier un lanceur d’alerte de complotiste, c’est reconnaître qu’il n’accuse personne et qu’il ne parle d’aucun faits établis, puisqu’il s’agit là de le qualifier de défenseur d’une théorie du complot. Et comme une théorie n’est autre que la démonstration d’une hypothèse, charge à celui qui ne souhaite pas l’entendre ou qui dirait qu’elle est fausse, de le démontrer par des faits. Celui qui qualifie son prochain de complotiste n’en connait pas la signification et s’invente sa vérité, qui l’éloignera toujours, toujours plus loin, de la vérité.