Comment l’ASE prive une grand-mère de sa petite-fille “parce que le lien est trop fort” ? Placements hâtifs, réseaux de pédophilie…

L’avocat Michel Amas dénonce les placements abusifs de l’ASE, les foyers dangereux et la destruction de liens familiaux, illustrés par le cas d’une grand-mère privée de sa petite-fille car « trop aimante ». Un témoignage puissant recueilli par Olivier Delacroix.

mise à jour le 04/12/25

Michel Amas dénonce les placements abusifs de l’ASE.
Et si une grand-mère, après avoir élevé sa petite-fille depuis la naissance, se voyait interdire de la voir parce que leur lien est jugé « trop fort » ? C’est le cri d’alarme lancé par Michel Amas, avocat marseillais, dans l’épisode 5 de Dans le monde d’Olivier sur YouTube, diffusé le 29 novembre 2025. Face à Olivier Delacroix, il dépeint un terrain miné par les placements abusifs, les alertes ignorées et une bureaucratie qui priorise les budgets sur l’humain.

Olivier Delacroix, journaliste et documentariste, accueille Michel Amas pour une heure d’échange sans concession. « Chaque jour, Maître Amas est confronté à des situations où des enfants déjà fragilisés sont censés être protégés… mais ne le sont pas toujours ». L’avocat, qui gère des centaines de dossiers d’enfants placés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE), déroule un réquisitoire implacable : placements hâtifs sans preuves réelles de danger, foyers où sévissent viols et réseaux de pédophilie, et un mépris institutionnel qui étouffe les alertes.
« Des placements abusifs à l’incompétence en passant par les viols, le mépris et les réseaux de pédophilie ».
Il évoque des cas concrets, comme des mères solos signalant une précarité pour obtenir de l’aide, et se retrouvant privées de leurs enfants sans motif valable. « L’ASE confond aide et punition », assène-t-il.

La destruction des liens familiaux : le cas de la grand-mère « trop aimante »

Au cœur de l’épisode, Amas met en lumière une pratique récurrente : l’écartèlement des enfants de leur famille élargie, particulièrement des grands-parents. Il raconte l’histoire d’une grand-mère ayant élevé sa petite-fille de 8 ans depuis la naissance. La mère, toxicomane et sans conjoint, décède d’une overdose. Logique : l’enfant reste chez sa mamie, pilier affectif stable.

« L’ASE intervient et dit : “Le lien entre la grand-mère et l’enfant est trop fort. Il faut l’autonomiser.” Résultat : la petite est placée en foyer. Un an et demi plus tard, la grand-mère n’a toujours pas revu sa petite-fille. »

Sous prétexte de neutralité, l’ASE isole les enfants de leurs repères. La loi (article 371-4 du Code civil) impose pourtant de privilégier la famille élargie, mais sur le terrain, seuls 28 % des placements y aboutissent. Raisons invoquées : l’âge des grands-parents (« trop vieux » dès 60 ans), une supposée « collusion » avec les parents, ou des contraintes budgétaires – une assistante familiale rémunérée touche 1 500 à 2 000 euros par mois, pas une grand-mère.



Vers des espoirs de changement : un combat humain et déterminé

Dans cet épisode, Amas ne se contente pas de dénoncer ; il propose : contrôles renforcés des foyers, priorité absolue aux grands-parents, formations obligatoires pour les travailleurs sociaux, et sanctions pour les départements fautifs. Reçu par Aurore Bergé en juin 2025 avec son confrère Olivier Le Mailloux, il porte le même message. Olivier Delacroix conclut sur une note d’espoir : « Une plongée dans les failles, les urgences, mais aussi les espoirs d’un système qui touche les plus vulnérables. »

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