Politique

Audition des Clinton : Les « Je ne me souviens pas » d’Hillary, un bouclier contre les révélations Epstein

Le 26 février 2026 restera dans les annales des dépositions présidentielles comme le jour où Hillary Clinton a découvert les vertus thérapeutiques de la répétition. Convoquée par la Commission de surveillance de la Chambre dans sa résidence new-yorkaise de Chappaqua – un privilège que n'offre pas à tous les citoyens lambda – l'ancienne secrétaire d'État a livré un numéro de funambule sémantique pendant plus de six heures.

mise à jour le 28/02/26

L’ancienne secrétaire d’État a livré pendant six heures une performance remarquable d’oubli sélectif face aux enquêteurs républicains.

Assignée à comparaître par une commission à majorité républicaine, Hillary Clinton a opposé à ses interlocuteurs un mur de « je ne sais pas », « je ne me souviens pas », « je n’avais aucune idée » – litanie martelée avec la constance d’un mantra bouddhiste. Son refrain ? N’avoir jamais rencontré Jeffrey Epstein, ni foulé le sol de son île privée, ni emprunté son fameux « Lolita Express ». Dommage que les carnets de vol racontent une tout autre histoire pour l’ex locataire de la Maison Blanche avec qui elle partage nom et  adresse.

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L’ambiance oscillait entre le théâtre de l’absurde et la séance de psychanalyse collective. Hillary Clinton a qualifié l’exercice d' »expédition de pêche » politique, accusant ses adversaires de vouloir détourner l’attention des frasques new-yorkaises d’un certain Donald Trump avec le même Epstein. [NDLR : la photo de Trump avec Epstein fait le tour des médias en France, alors qu’il y a tant d’autres photos autrement compromettantes, mais avec d’autres personnages.] Une élue républicaine, incapable de résister à l’appel des réseaux sociaux, a fait fuiter une photo de l’audition – provoquant une suspension de séance digne d’une cour de récréation.

Le clou du spectacle ? Des questions sur les Ovni et la théorie Pizzagate. Aujourd’hui, c’est au tour de Bill Clinton de passer sur le gril.


Les Clinton et Epstein : une familiarité à géométrie variable

Il faut remonter aux années 90 pour comprendre pourquoi la commission s’intéresse de si près au couple Clinton. Les archives judiciaires rendues publiques en janvier 2024 mentionnent Bill Clinton plus de cinquante fois dans les dossiers Epstein. Pas d’accusations criminelles, certes, mais vingt-six voyages à bord de l’avion du financier entre 2002 et 2003 – des déplacements « humanitaires » via la Clinton Foundation, précise-t-on du côté de la famille. Epstein, lui, a foulé le sol de la Maison-Blanche à plusieurs reprises pendant le mandat de Bill. Simple hasard des relations sociales, sans doute.

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Hillary, elle, se tient soigneusement en retrait de cette chronique mondaine. Aucun vol répertorié à son nom, aucune preuve tangible de présence aux côtés du pédophile présumé. Elle l’a répété jusqu’à la nausée mercredi : elle n’a jamais rencontré l’homme.



L’épilogue attendu

Reste désormais à savoir ce que Bill Clinton dira aujourd’hui. Si le couple a d’abord résisté à la subpoena ((assignation à comparaître), accusant la commission de motivations politiques, il a finalement cédé pour éviter une procédure d’outrage. Les transcriptions et vidéos des dépositions seront publiées – promet la commission.

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Entre les Ovni, le Pizzagate et les voyages humanitaires, l’enquête sur Epstein ressemble de plus en plus à une série Netflix : beaucoup de bruit, quelques révélations, et surtout, l’art consommé de ne jamais répondre aux vraies questions. Hillary Clinton, elle, aura démontré une chose : on peut côtoyer le pouvoir pendant cinquante ans sans jamais rien voir, rien savoir, rien comprendre. Un talent rare que même ses détracteurs devraient saluer.

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