Une aide technique venue de Tel-Aviv complète désormais la longue liste des soutiens obtenus par Barbara Butch… L’information a été donnée publiquement, sans détour, lors d’une rencontre organisée en mars 2025 au Mémorial de la Shoah. Aux côtés de Barbara Butch se trouvaient notamment la scientifique Aurélie Jean, l’historien Marc Knobel et l’avocate Audrey Msellati. Cette dernière a raconté comment l’équipe de la DJ avait commencé à rechercher les personnes cachées derrière les comptes ayant publié des insultes et des menaces.
Audrey Msellati cite une société appelée Cyberlights, dirigée par David Allouche, qui aurait proposé son aide afin « d’identifier le maximum de personnes » grâce aux algorithmes développés par son équipe. Le profil professionnel de Cyberlights AI indique un siège à Tel-Aviv, une inscription au registre israélien des sociétés et une activité classée dans la cybersécurité, l’analyse de contenus vidéo et le « renseignement de sécurité ». L’entreprise travaille pour des clients privés et institutionnels.
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Une assistance technique hors de portée de la plupart des victimes
Le passage le plus intéressant de l’intervention ne concerne pas seulement l’origine de Cyberlights AI. L’avocate reconnaît elle-même que cette aide a permis de présenter aux enquêteurs un dossier déjà largement préparé. « On a un peu mâché le travail », explique-t-elle, avant de préciser que les recherches reposaient notamment sur l’exploitation de données accessibles publiquement.
Audrey Msellati ajoute que, « dans la plupart des dossiers », les victimes ne disposent pas des moyens nécessaires pour retrouver les utilisateurs anonymes. La justice est censée être la même pour tous ; l’accès à une équipe privée disposant d’outils algorithmiques l’est manifestement beaucoup moins. Barbara Butch, artiste médiatisée et entourée d’avocats, a pu mobiliser une expertise technique extérieure avant même que les enquêteurs ne prennent le relais.
Loi Yadan et soirée à Tel-Aviv : l’artiste rattrapée par la politique
La question devient plus embarrassante lorsque Barbara Butch présente ses activités comme éloignées des affrontements politiques. En 2026, elle a signé une tribune favorable à la proposition de loi Yadan, texte officiellement destiné à combattre les « formes renouvelées de l’antisémitisme », mais accusé par ses opposants de confondre la critique d’Israël avec la haine des Juifs.
L’artiste a depuis reconnu qu’elle n’avait pas lu la proposition avant de soutenir la tribune. « Je n’aurais pas dû le faire », a-t-elle admis après le retrait du texte. Dans un entretien consacré à ses positions, elle affirme que la loi n’était finalement « plus alignée » avec elle et qualifie la guerre à Gaza d’« ignoble ».
Il reste néanmoins des actes publics difficiles à ranger dans le tiroir de l’innocente distraction. En juin 2025, Barbara Butch s’est produite à la résidence de l’ambassadeur de France en Israël, à Tel-Aviv. Elle explique avoir simplement répondu à l’invitation d’un ami. En juillet 2026, après l’interruption de son concert à Grenoble, près de 300 personnalités ont signé une tribune pour la défendre.
Signature en faveur de la loi Yadan, réception diplomatique à Tel-Aviv, soutien de personnalités publiques et intervention d’une entreprise israélienne de cybersécurité. Le costume de l’artiste totalement étrangère aux rapports de force internationaux devient un peu serré.
Le malaise persistant avec les catholiques
Une autre fracture accompagne Barbara Butch depuis les Jeux de Paris. Le tableau « Festivité », présenté pendant la cérémonie d’ouverture, a été perçu par une partie du public comme une reprise de La Cène avec des drag-queens et Barbara Butch placée au centre. Thomas Jolly, directeur artistique de la cérémonie, a contesté cette interprétation et évoqué une fête païenne liée à Dionysos.
La réaction catholique ne relève pourtant pas d’une invention apparue sur les réseaux sociaux. Dans un communiqué officiel, la Conférence des évêques de France a regretté des « scènes de dérision et de moquerie du christianisme ». Pour de nombreux croyants, l’image ressemblait assez à La Cène pour que les explications ultérieures ne dissipent pas le sentiment d’humiliation.
Le choix de confier ensuite la direction artistique de Nuit Blanche 2026 à Barbara Butch, avec plusieurs installations organisées dans des églises parisiennes, a renforcé cette colère. La Ville de Paris présentait une programmation fondée sur « l’amour, le partage et la liberté de créer ». Des catholiques y ont plutôt vu l’utilisation de lieux consacrés comme décors d’expérimentation culturelle. Il faut néanmoins rappeler que le diocèse de Paris collabore depuis plusieurs années avec Nuit Blanche et accueille régulièrement des créations contemporaines dans certaines églises. Barbara Butch n’a donc pas forcé seule les portes des édifices.
Oh !… Mais n’est-ce pas là ce qu’on pourrait appeler une magnifique « ingérence extérieure » dans une procédure judiciaire française ?…
Non ? … Ah bon. J’aurais cru.