Politique

La gauche fait retirer la perpétuité pour les violeurs en série d’enfants : trente ans suffiront

Vendredi 17 juillet 2026, l’Assemblée nationale a remplacé la réclusion criminelle à perpétuité par une peine de trente ans pour certains viols commis sur des mineurs. Une façon de faire bénéficier les condamnés de remise de peine. Une partie de la gauche a défendu ce recul au nom de la prévention, de la réinsertion et du manque de moyens consacrés à la protection de l’enfance.

mise à jour le 18/07/26

Pour protéger les enfants victimes de viols, l’Assemblée a commencé par préserver un avenir aux criminels condamnés.

La scène s’est déroulée lors de l’examen du projet de loi relatif à la protection des enfants. L’article 11, durci quelques jours auparavant en commission, devait permettre de prononcer la perpétuité contre les auteurs de certains viols particulièrement graves commis sur des mineurs.

Publicité

Après quelques heures de gymnastique parlementaire, la prison à vie a disparu. Par 35 voix contre 21, les députés ont adopté un amendement ramenant à trente ans la peine encourue pour le viol d’un mineur ayant entraîné sa mort. Une peine identique a été retenue pour les viols en série commis sur des enfants de moins de 15 ans.

La perpétuité abandonnée au nom de la « proportionnalité »

Perrine Goulet, présidente de la commission spéciale, a présenté l’amendement en expliquant qu’il fallait « renoncer à la perpétuité et adopter des peines de trente ans ». Le gouvernement, représenté par Aurore Bergé, s’est finalement déclaré favorable à cette réécriture au nom de la « proportionnalité des peines ».

Sur les bancs de gauche, plusieurs élus sont allés plus loin en contestant le principe même d’un durcissement des sanctions. La députée écologiste Gabrielle Cathala a estimé que les aggravations de peines « ne servent strictement à rien dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ».

Sa collègue écologiste Léa Balage El Mariky a résumé cette doctrine en une phrase : « Ce qui répare, ce n’est ni la vengeance ni la réclusion à perpétuité. » Une déclaration qui devrait certainement consoler les enfants violés, leurs familles et les victimes condamnées à vivre toute leur existence avec les conséquences de ces crimes.



Des moyens plutôt que des peines, répond la gauche

Le communiste Yannick Monnet a accusé le gouvernement de détourner l’attention en parlant de sanctions : « L’aide sociale à l’enfance a besoin de moyens : donnez-les-lui, ou ne faites pas semblant de vouloir protéger les enfants ! »

L’argument mérite d’être entendu : la prévention, le traitement des signalements, les enquêtes et l’accompagnement des victimes manquent cruellement de moyens. Mais présenter le financement de la protection de l’enfance et l’incarcération durable des violeurs en série comme deux choix incompatibles relève d’une étrange comptabilité. Un État peut protéger les enfants avant les crimes et neutraliser les criminels après leur condamnation. Il peut même tenter les deux simultanément.

Publicité

Marianne Maximi, rapporteure LFI du texte, a pour sa part demandé de rejeter entièrement l’article 11 plutôt que de procéder à des « retours en arrière incompréhensibles ». Elle a également affirmé que personne à gauche ne souhaitait protéger les pédocriminels et dénoncé un « mensonge gravissime ».

Personne n’a effectivement revendiqué une telle intention. Reste le résultat concret : une disposition prévoyant la perpétuité a été remplacée par une peine maximale de trente ans.

Condamné en 2018 à trente ans de réclusion pour viols en récidive, Roland Blaudy est sorti de prison cette année. Réduction de peines, confusion des peines, une fois la période de sureté de vingt ans effectuée, dès 2026, il résidera à Rennes, près d’une de ses victimes. Depuis qu’elle a appris la nouvelle, cette dernière vit dans la peur.

Après Le Scouarnec, toujours la même clémence légale

Le débat intervient après la condamnation de Joël Le Scouarnec, reconnu coupable de violences sexuelles commises sur des centaines de victimes. Son parcours avait montré les failles d’un système capable de laisser un prédateur agir pendant des décennies entre silence médical, alertes négligées et sanctions insuffisantes.

L’affaire Lyhanna a, elle aussi, révélé les conséquences possibles des plaintes non traitées et des procédures abandonnées dans les tiroirs. Malgré cela, une partie de la représentation nationale continue de considérer que la priorité n’est surtout pas d’empêcher définitivement les criminels les plus dangereux de retrouver la liberté.



Cette prudence pénale contraste avec l’opinion publique. Un sondage CSA publié en juin 2026 indiquait que 92 % des Français étaient favorables à la perpétuité réelle contre les auteurs de crimes sur des enfants.

Publicité

Les électeurs réclament donc une peine définitive pour les criminels les plus dangereux. À l’Assemblée, certains élus leur répondent prévention, réinsertion et cohérence juridique. Les enfants, eux, n’ont pas toujours droit à une seconde chance.

Chères lectrices, chers lecteurs,

Soyez acteur du changement en soutenant un journalisme véritablement indépendant et de qualité en vous abonnant à notre média financé par les dons de personnes comme vous.

Accédez à des contenus exclusifs
et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

partagez cet article !

Pas encore de commentaire sur "La gauche fait retirer la perpétuité pour les violeurs en série d’enfants : trente ans suffiront"

Laisser un commentaire

Newsletter

La Boutique du 4-4-2

Politique

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous

Accédez à des contenus exclusifs et soutenez notre indépendance

Abonnez-vous