Pédocriminalité

Commission inceste : Plutôt que défendre les enfants, LFI attaque Jacques Thomet et Le Média en 4-4-2

Pendant que des enfants victimes de violences incestueuses attendent d’être entendus, que des parents protecteurs affrontent la Justice et que les défaillances de l’Aide sociale à l’enfance s’accumulent, La France insoumise avait une priorité : consacrer plusieurs lignes à Jacques Thomet et au Média en 4-4-2.

mise à jour le 11/07/26

Les enfants réclament protection et justice, LFI leur apporte un contrôle idéologique des personnes autorisées à parler.

Dans une contribution attribuée aux députés LFI au sein de la commission d’enquête sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses, les Insoumis regrettent qu’une place ait été accordée à un homme qu’ils qualifient de « complotiste ». Ils citent également Alain Soral, Dieudonné, Thierry Casasnovas, Brigitte Macron, la transphobie et l’EVARS.

Il ne manquait qu’une accusation de climatoscepticisme et la collection était complète.

LFI répond aux dossiers par un inventaire idéologique

Le problème est simple : Jacques Thomet était venu parler d’enfants, de violences sexuelles, de placements contestés, de parents protecteurs et de dysfonctionnements judiciaires. LFI répond en examinant ses fréquentations éditoriales et les médias qui l’ont interrogé.

Son livre Retour à Outreau a bien été publié par Kontre Kulture. Cela suffit apparemment à invalider quinze années de travail, sans qu’il soit nécessaire de discuter les faits présentés. La méthode est pratique : lorsque le dossier dérange, on ne répond pas au dossier, on fouille la bibliothèque.

LFI reproche également à Jacques Thomet d’avoir évoqué l’affaire Brigitte Macron. Quelles que soient les opinions sur ce feuilleton, rappeler qu’une procédure judiciaire existe ou commenter une décision de justice ne transforme pas automatiquement son auteur en ennemi des personnes transgenres.

À force d’élargir les définitions, même le greffier chargé de classer le jugement finira probablement au tribunal idéologique.



Une audition publique refusée, un entretien finalement organisé

Jacques Thomet devait initialement être entendu publiquement. Après la contestation de sa venue, la présidente de la commission, Maud Petit, l’a finalement reçu pendant environ deux heures dans son bureau. Cet entretien consacré aux violences incestueuses et aux parents protecteurs a été filmé puis diffusé par Le Média en 4-4-2.

C’est précisément cette diffusion que LFI utilise désormais pour nous ranger dans la grande armoire des « médias complotistes ». Nous reconnaissons les faits : nous avons permis au public d’écouter un grand journaliste exposer ses accusations et ses documents. Dans certains partis politiques, diffuser un entretien constitue visiblement une circonstance aggravante.

Comme l’a résumé Jacques Thomet sur LinkedIn : « LFI fait ma pub ! » Difficile de lui donner tort. Le communiqué insoumis cite son nom, ses livres et le média ayant diffusé son intervention. Une campagne promotionnelle complète, financée par le contribuable et livrée sans facture.

Le curieux sens des priorités de LFI

Cette indignation devient encore plus savoureuse lorsqu’on examine un amendement déposé par Gabrielle Cathala et plusieurs députés LFI dans le cadre du projet de loi sur la protection des enfants.

Le texte proposait de supprimer la référence au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes, le FIJAIT, lorsqu’elle servait à établir une incompatibilité avec une activité exercée auprès de mineurs. LFI précisait vouloir remplacer l’exclusion automatique par une appréciation individualisée du risque.

On peut défendre juridiquement cette position. On peut aussi remarquer que le parti réclamant un examen très nuancé des personnes inscrites dans un fichier lié au terrorisme se montre beaucoup moins subtil lorsqu’il s’agit d’un journaliste ayant publié chez un éditeur politiquement infréquentable.



Les victimes derrière le rideau de fumée

Le fond reste intact. Les témoignages sur les violences incestueuses, les classements sans suite, les placements contestés et le sort réservé aux parents protecteurs méritent des réponses précises. Attaquer Jacques Thomet ou Le Média en 4-4-2 n’est fondé sur aucune pièce, aucun témoignage et aucun dossier.

Dans sa réponse aux attaques du Canard enchaîné, Jacques Thomet estimait que le viser revenait à « s’en prendre aux enfants victimes et à leurs mamans ». LFI vient d’ajouter sa contribution.

Merci malgré tout pour la publicité. Le Média en 4-4-2 continuera de diffuser les témoignages que certains préféreraient voir disparaître derrière une pile d’étiquettes politiques.

Les enfants, eux, attendent toujours mieux qu’un communiqué.

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