Politique

Villeneuve-Saint-Georges : À la rue à cause d’un squat, une mère de famille menace de se jeter sur les voies du RER D

La scène aurait pu virer au drame. Lundi 30 mars, une mère de famille, exsangue après des mois de combat judiciaire pour récupérer son logement squatté, a grimpé sur un poteau surplombant les voies du RER D. « La justice ne fait rien ! Rien n’avance ! » a-t-elle hurlé, suspendue entre le ciel et les rails, sous les yeux médusés des voyageurs. Il aura fallu l’intervention d’un passant et l’arrivée in extremis de la maire, Kristell Niasme (LR), pour éviter le pire. Ironie du sort : ce geste désespéré aura finalement débloqué une situation que ni la loi ni les tribunaux n’avaient su résoudre.

mise à jour le 06/04/26

Entre un squat intouchable et une justice aux abonnés absents, cette mère de famille n’avait plus qu’une issue : les rails du RER D.

Propriétaire d’une maison dans le quartier Marc-Seguin, cette femme a vu son bien envahi par des squatteurs se revendiquant « locataires ». Pendant des mois, elle a enchaîné les démarches, les plaintes, les recours. Sans résultat. Expulsée de chez elle, elle s’est retrouvée à la rue avec ses enfants, contrainte de solliciter le 115 pour un hébergement d’urgence.

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« On m’a dit d’attendre, de faire confiance à la justice. Mais quand vous dormez dans votre voiture avec vos enfants, la patience a des limites », confie-t-elle.

Lundi 30 mars, à bout de forces, elle a choisi l’ultime recours : le chantage à la mort. En escaladant les barrières de la gare, elle a forcé l’État à réagir. Le trafic du RER D a été interrompu, les médias alertés, et les autorités enfin contraintes d’agir.


Un passant et une maire en première ligne, l’État en retrait

Un automobiliste, témoin de la scène, a tenté de la raisonner. « Je lui ai proposé un logement, j’ai essayé de la convaincre que tout n’était pas perdu. Mais comment croire en la justice quand elle vous abandonne ? » témoigne-t-il. Alertée, la maire de Villeneuve-Saint-Georges, Kristell Niasme, s’est précipitée sur place. « Je lui ai promis une solution immédiate. On ne peut pas laisser des familles à la rue », a-t-elle déclaré.

Les pompiers l’ont finalement aidée à redescendre. Dans la foulée, la police municipale a expulsé les squatteurs. La propriétaire a pu réintégrer son domicile le soir même.

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Un dénouement express, une justice toujours absente

« Elle dort enfin chez elle avec ses enfants », résume sobrement Le Parisien. Un happy end ? Plutôt l’illustration glaçante d’un système à bout de souffle. « Sans ce geste, rien n’aurait bougé », confie un proche. La loi anti-squat, renforcée en grande pompe, n’a servi à rien. Seule l’intervention d’une maire déterminée à éviter un drame a forcé les squatteurs à partir.



Un symbole de l’échec de l’État

Cet épisode pose une question glaçante : en macronie, faut-il risquer sa vie pour que la loi s’applique ? Kristell Niasme, qui a fait de la lutte contre les squats son cheval de bataille, a dû pallier les carences de l’État. « La justice est trop lente, les propriétaires sont livrés à eux-mêmes », dénonce-t-elle.

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La propriétaire, dont l’identité reste secrète, a retrouvé son toit. Mais son geste rappelle une vérité cruelle : pour certains, l’État n’est plus un rempart, mais un obstacle.

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