Entre khôl et Kalachnikov
Le formulaire, émanant des officines de l’armée, ne fait pas dans la dentelle inclusive : il propose carrément d’harmoniser les normes d’apparence en supprimant toute référence au sexe. Concrètement, vos enfants pourront bientôt contempler des soldats britanniques, maquillés comme des voitures volées, aux ongles vernis et aux oreilles ornées de pendeloques, le tout au nom de la sainte diversité. « Les hommes, les femmes et les personnels non binaires pourraient tous porter du maquillage de la même manière », précise le document. Un porte-parole s’est empressé de jurer qu’aucun changement n’était à l’ordre du jour. Trop tard : une fuite a permis au ridicule de s’étaler en Une des tabloïds.
En préparation d’une guerre globale, le Royaume-Uni demande à ses soldats quels sont leurs pronoms et si les hommes veulent aussi porter du maquillage et du vernis à ongles. pic.twitter.com/qui31M62jd
— Aldo Sterone (@AldoSterone111) March 8, 2026
La guerre des boutons (de manchette)
L’ancien colonel Stuart Crawford, qui n’a visiblement pas perdu son franc-parler avec l’uniforme, qualifie l’entreprise de « ridicule » — on ne saurait mieux dire —, alors que l’armée peine à recruter et que l’équipement part en quenouille. Mark Francois, ombre défensive de Sa Majesté, distille un humour très british : « Passer du camouflage au mascara n’a rien pour dissuader Poutine. » Sur les réseaux, on s’esclaffe du contraste entre Téhéran qui flambe et Londres qui poudre.
L’Iran dans le rétro
Rappelons aux esprits égarés par ces préoccupations esthétiques que nous sommes au neuvième jour d’une guerre ouverte contre l’Iran. Depuis le 28 février, les frappes américano-israéliennes ont décapité le régime, provoquant des représailles en chaîne. Missiles balistiques et drones pleuvent sur Israël, les bases américaines du Golfe et les alliés régionaux. Le président Trump, dans un style bien à lui, exige une « reddition inconditionnelle » tandis que son homologue iranien Pezeshkian promet une guerre d’usure. Les sites pétroliers de Téhéran brûlent, les bunkers militaires explosent, des centaines de milliers de civils fuient, le Hezbollah et les Houthis élargissent le front, l’Arabie saoudite encaisse, et la Ligue arabe siège en urgence. Pendant ce temps, à Londres…
Wokistan-sur-Mer
Cette polémique cristallise pourtant un malaise majeur : nos armées balancent entre modernisation sociétale et impératifs stratégiques. Depuis 2019 et 2021, les réformes inclusives se succèdent, assouplissant règles et traditions au nom de la diversité. Pendant ce temps, le recrutement patine, les équipements vieillissent, et la dépendance à l’Otan s’accentue face à des adversaires déterminés qui, eux, ne se posent pas de questions existentielles sur le vernis à ongles. Des bases britanniques à Chypre ont déjà été prises pour cibles par des drones iraniens — signe que le réel finit toujours par rappeler à l’ordre ceux qui s’en éloignent trop.
Alors que le monde retient son souffle devant l’embrasement du Moyen-Orient, le ministère de la Défense britannique nous offre cette perle : un sondage sur le maquillage des troufions. Simple anecdote, diront les optimistes. Symbole d’une époque qui a perdu le sens des priorités, répondront les mauvais esprits.
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