Cette loi prétendument destinée à épargner nos chères têtes blondes des dérives du numérique n’est qu’un leurre, un cheval de Troie liberticide. Son application pratique impliquera, de fait, une identification systématique, ouvrant la voie à la reconnaissance faciale et à la constitution de fichiers exhaustifs des navigations et, in fine, des opinions de chacun.
Le comble du cynisme réside dans le vote favorable du RN, qui révèle une fois de plus son intégration parfaite au « système » qu’il prétend combattre. En s’alliant objectivement à la macronie sur ce texte, le parti de Marine Le Pen démontre que sa posture populiste ne résiste pas à l’épreuve du pouvoir, préférant les délices du contrôle social aux principes de liberté. Cette trahison idéologique, couplée à des velléités d’alliance municipale avec Rachida Dati, peint le portrait d’une formation politique versatile, prête à tous les renoncements pour gratter quelques sièges. L’écran de fumée de la protection se dissipe : il ne reste que l’autoritarisme et la duplicité.
Je ne comprends pas le sens de cet article. La position du RN n’a absolument rien d’incohérent par rapport à leur posture historique. Comme tout parti d’extrême droite, la « lutte contre l’insécurité » a toujours été leur cheval de bataille. Et pour lutter contre l’insécurité, ou du moins pour rassurer l’électeur, quoi de mieux que de bons contrôles de masse ?
C’est plutôt la posture des français en général qui est ambiguë : Tout le monde hurle à l’augmentation de l’insécurité (ou plus exactement du « sentiment d’insécurité » puisqu’il est impossible d’avoir une vision claire et exhaustive de la situation), aux dangers du terrorisme, des épidémies, du cyberharcèlement, et attend de ses gouvernants qu’ils prennent des mesures radicales. Mais, dès lors que ces mesures consistent logiquement à surveiller, à persécuter, et à punir, là c’est une atteinte inadmissible à nos libertés individuelles ! Les français estiment toujours, et de plus en plus malheureusement, que « le danger vient des autres ». Mais quand c’est soi-même qui est surveillé, suspecté, voire condamné, là c’est inacceptable.
L’exemple typique : personne n’accepte que son enfant soit tué par un chauffard qui roule à 80 km/h en ville. Mais tout le monde hurle au scandale lorsqu’on déploie des radars, qui ne sont là que « pomper le fric des honnêtes automobilistes » (qui commettent une infraction au code de la route avec un excès de vitesse, mais bon…)
Mon humble suggestion, avant de critiquer les hommes politiques et de tout attendre d’eux, apprenons d’abord à :
1. Distinguer ce qui présente des risques réels et significatif pour soi et pour ses proches. Le terrorisme par exemple, malgré toute l’horreur qu’il véhicule, constitue un risque de mourir totalement insignifiant dans la vie d’un français moyen par rapport à des centaines d’autres risques.
2. Distinguer les mesures préventives qui sont vraiment capables d’annuler le risque, des mesures purement démagogiques, cosmétiques, ou qui n’ont jamais eu aucun effet mesurable par le passé.
3. Etre acteurs de notre propre sécurité, de notre propre santé, et de l’éducation de nos enfants (à l’utilisation d’internet notamment).