Humour

Pour ne rien changer, soutenez « Sidéraction » – Karim Duval

Dans l’effervescence nauséeuse de l’époque, une association nommée Sidéraction propose un havre de paix paradoxal : l’inaction collective. Son fondateur, Thomas Figet, y orchestre la tétanie générale d’individus sidérés, transformant la résignation en pratique de groupe.

mise à jour le 05/12/25

Une association qui ritualise le réflexe pavlovien d’une société qui, sachant aller dans le mur, choisit simplement d’y avancer en cadence et le sourire aux lèvres.

Le modus operandi est d’une simplicité désarmante, à l’image de la pensée qu’il sous-tend. Il s’agit de se réunir pour contempler, dans une crampe géante de l’immobilisme, le défilé des catastrophes au journal de 20 heures, tel un « 1, 2, 3 soleil » national où la statue à ne pas bouger est celle du citoyen. Le recrutement, lui, est d’une redoutable efficacité : il suffit de pointer l’hypocrisie de ceux qui clament ne « rien faire pour que ça change » ou de capitaliser sur les images de répression policière pour grossir les rangs. Ainsi se forge une confraternité du renoncement, cimentée par un pouvoir en place jouant le rôle de fédérateur suprême.

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