À 84 ans, celle qui marcha avec Martin Luther King et enflamma Woodstock consent enfin à l’autopsie poétique de son propre psychisme. Le diagnostic, évoqué dans le documentaire I Am a Noise et au cœur de ses écrits des années 90, révèle une pluralité d’« entités » internes, co-auteures involontaires d’une œuvre où l’intime a toujours été politique. « Certains des meilleurs textes qui sont sortis de moi, je n’y étais presque pour rien », confesse-t-elle, dépeignant un processus créatif devenu exutoire à des traumatismes anciens.
Si l’entretien souligne le courage de cette mise à nu, censée libérer la parole d’autres victimes, il élude soigneusement les racines les plus sombres peut-être évoquées ailleurs, laissant en suspens les questions que d’anciennes chansons, à l’instar d’un Play Me Backwards aux relents de rituels, semblaient pourtant poser.
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