Le ministre des Affaires juridiques, Yusril Ihza Mahendra, a fermement justifié cette position : « Notre devoir moral nous interdit d’accueillir la représentation d’un État dont les actions violent le droit international et les principes humanitaires les plus élémentaires. » Cette déclaration fait écho à la volonté exprimée par le gouverneur de Jakarta, Pramono Anung, qui a salué « une décision historique conforme aux aspirations du peuple indonésien ».
Cette exclusion, qui prive concrètement les athlètes israéliens de qualification pour les Jeux olympiques de 2028, s’inscrit dans une tradition politique cohérente. Déjà en 2023, l’Indonésie avait préféré renoncer à l’organisation de la Coupe du monde de football U20 plutôt que de compromettre ses principes. Un précédent qui lui avait valu les foudres de la FIFA, mais le respect de l’ensemble du monde musulman.
🇮🇩🇮🇱🥇 ALERTE INFO
L’Indonésie ANNULE LES VISAS AUX ATHLÈTES ISRAÉLIENS qui devaient participer aux prochains championnats du monde de gymnastique à Jakarta, invoquant une forte opposition nationale au génocide de Gaza. pic.twitter.com/S7E8CZBOYk
— Citizen Média 🗞️ (@CitizenMediaFR) October 9, 2025
La Fédération internationale de gymnastique (FIG) menace aujourd’hui de sanctions similaires, brandissant l’argument usé de la « neutralité sportive ». Pourtant, le sport n’a jamais été neutre : il constitue au contraire un terrain d’affrontement géopolitique où les puissances imposent leur loi.
Les réactions internationales, bien que prévisibles, illustrent parfaitement ce double standard. Tandis que les chancelleries occidentales dénoncent une « politisation du sport », elles restent étrangement silencieuses lorsque d’autres pays instrumentalisent les compétitions internationales à des fins de propagande et saluent l’exclusion de la Russie de la FIFA et de l’UEFA seulement qautre jours après le début de la guerre en Ukraine.
Sur le terrain diplomatique, l’Indonésie paiera sans doute le prix de son courage. Des sanctions sportives sont envisageables, et certains partenaires économiques pourraient temporairement se montrer plus réservés. Mais ce calcul ignore l’essentiel : en Asie du Sud-Est comme dans l’ensemble du monde musulman, le prestige de Jakarta n’a jamais été aussi élevé.
Alors que les préparatifs des Championnats se poursuivent, avec près de 500 athlètes attendus de 80 nations, Jakarta a d’ores et déjà remporté une victoire politique significative, démontrant que la realpolitik n’a pas encore triomphé de toutes les consciences.
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