Ah, l’affaire du Coucou ! Cette petite causette de bistrot qui a enflammé le landerneau politico-médiatique depuis vendredi dernier. Flash-back express : en juillet, sous un ciel parisien du 7e arrondissement, nos héros se retrouvent au restaurant Le Coucou pour un café qui tourne vite à la stratégie électorale. D’un côté, Thomas Legrand et Patrick Cohen, les stars de France Inter (et Libération pour l’un, C à vous pour l’autre). De l’autre, Pierre Jouvet, secrétaire général du PS, et Luc Broussy, président du conseil national. Sur les vidéos volées – oui, volées, comme ils le crient tous –, on entend Legrand lâcher : « Nous, on fait ce qu’il faut pour Dati, Patrick et moi. » Traduction : les micros du service public prêts à saboter la campagne de Rachida Dati à Paris en 2026. Et pour 2027 ? Une ode à Raphaël Glucksmann comme sauveur de la gauche, avec France Inter en cheerleader pour influencer le « marais centre-droit ». Drôle de neutralité, non ?
La réaction en chaîne : Legrand jetable, Cohen blindé
Vendredi 5 septembre, fin de journée, L’Incorrect balance la bombe sur les réseaux. Rachida Dati, la cible numéro un, bondit sur X : « Des propos graves et contraires à la déontologie qui peuvent exposer à des sanctions. » Elle exige des mesures contre les deux compères. France Inter, fidèle à sa réputation de réactivité sélective, suspend Thomas Legrand à titre conservatoire le soir même. Adèle Van Reeth, la directrice, envoie un mail interne aux troupes :
« Les propos de Thomas Legrand peuvent alimenter la suspicion quant à l’utilisation de notre antenne à des fins partisanes. »
Pas d’émission dominicale pour lui, et silence radio sur son retour. Legrand, lui, proteste : vidéo « tronquée », paroles « volées », et une formule « maladroite » sur Dati. « Je combats ses mensonges, pas sa politique », jure-t-il, tout en assumant de « s’occuper » d’elle pour contrer le « trumpisme ».
Et Patrick Cohen ? Le maestro des éditos matinaux, celui qui dresse des listes de « cerveaux malades » pour fustiger les adversaires ? Il sera bien à l’antenne ce lundi matin, comme si de rien n’était. Un salarié de la station glisse : « Ce n’est pas pareil, il est plus en posture d’écoute et d’analyse. » Écoute, vraiment ? Dans les vidéos, il débriefe l’interview de Mélenchon, doute des scores de Glucksmann, et renchérit sur l’écologie contre le RN. Mais bon, quand on est Patrick Cohen, on analyse, on n’agit pas. Droit dans ses bottes, il dénonce un « vol de conversation privée » et promet une plainte contre L’Incorrect – et peut-être contre tous ceux qui ont relayé la vidéo.
Patrick #Cohen va porter plainte contre la moitié de Twitter parce qu’il a été surpris avec les stratèges du PS dans un lieu public, en train de préparer à voix haute une riposte anti-concurrents politiques du PS.
Ce n’est pas une blague 🙂 pic.twitter.com/MGKj3N1IMM— Guillaume Kiefer (@KieferGuillaume) September 7, 2025
Soutiens à géométrie variable : La gauche en bouclier, la droite en embuscade
La polémique fait des vagues. Jérémie Patrier-Leitus (Horizons) saisit l’Arcom : « Les journalistes du service public doivent être exemplaires et neutres. » LR crie au scandale, le RN surfe : « Partialité en faveur de la gauche, privatisons l’audiovisuel public ! » Même Bruno Retailleau et Jordan Bardella s’y mettent. Mais du côté gauche, c’est le mur du silence solidaire. À Libération, des confrères défendent Legrand : « Des déjeuners avec des politiques ? Tout le monde en fait. » Nathalie Loiseau (Horizons, quand même) ironise : « À quel titre Dati exige-t-elle la suspension d’un journaliste ? Du trumpisme ? » Et L’Humanité y voit une capitulation devant Dati, la « Grand Méchant Loup ».
Cohen et Legrand crient au complot de l’extrême droite, avec L’Incorrect en tête de gondole. Méthodes « illégales et déloyales », enregistrements « manipulatoires »… La direction de France Inter condamne aussi, mais protège son antenne en sacrifiant Legrand. Quant à Cohen, intouchable, il reprend le micro lundi. Après tout, pourquoi perturber la grille quand on peut faire le dos rond et laisser l’autre prendre les éclats ?
L’addition pour le contribuable : Quand le service public joue les stratèges
Cette affaire pue la connivence à plein nez. France Inter, financée par nos impôts, devient-elle le QG du PS pour booster Glucksmann et flinguer Dati ? Legrand assume ses « maladresses », Cohen analyse en sage, mais les vidéos parlent d’elles-mêmes. La plainte en vue contre L’Incorrect ? Sympa, mais ça n’efface pas les soupçons. L’Arcom saisie, la droite en liesse, la gauche en mode défense : l’affaire va couver. Et pendant ce temps, Cohen micro en main, comme si le Coucou n’avait été qu’un mauvais rêve. L’impartialité du service public ? Un concept bien relatif, surtout quand on s’appelle Patrick Cohen.
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