L’Union européenne de radio-télévision (UER) a lancé avec tambours, trompettes… et subventions un réseau de fact-checking baptisé « Spotlight ». Objectif annoncé ? « Lutter contre la désinformation », sauver la vérité, la démocratie, la civilisation, et peut-être même l’heure du dîner. Mais dans les coulisses, le tableau est moins glorieux : France Télévisions, fer de lance français du projet, attire surtout… les retraités. Pire, 70 % de ses téléspectateurs sont des inactifs, un chiffre record en Europe. C’est pas une audience, c’est une maison de retraite.
🔴Affolée par le succès des médias alternatifs, l’Union européenne de radio-télévision (dont la présidente est Delphine Ernotte) lance « Spotlight » un réseau de vérification des faits pour lutter « contre les mensonges et la désinformation en ligne ». pic.twitter.com/UvDNsykxEF
— Observatoire du journalisme (Ojim) (@ojim_france) April 12, 2025
Pendant que le service public s’accroche à son audience comme à une perfusion, les médias alternatifs eux, explosent tout. Que ce soit Le Média en 4-4-2, GPTV, Tocsin, E&R, ou encore une armée de vidéastes engagés sur YouTube et TikTok, c’est là que ça se passe. Là que l’info circule, là que les jeunes cliquent. Et non, ils ne regardent pas « Vrai ou Faux » de Julien Pain sur France Info, sauf quand il passe en mème sur Insta.
Sur les réseaux sociaux, les médias alternatifs génèrent bien plus d’engagement que les chaînes d’État. Quant à YouTube, c’est une véritable déferlante. Sur Tocsin, les matinales grimpent à une allure folle. GPTV, avec son plateau et ses chroniqueurs/journalistes, cumule une audience impressionnante. E&R reste un acteur incontournable, avec un Alain Soral dont le moindre passage sur une chaîne inconnue atteint facilement les 100 000 vues, battant des records sur Le Média en 4-4-2, Radio 2.2 ou GPTV. Quant à l’humoriste Dieudonné, les invitations se multiplient, et il dépasse même les 5 millions de vue dans l’émission LEGEND de Guillaume PLEY. TV Libertés n’est pas en reste avec son émission-phare Bistro Libertés, animée par Éric Morillot.
Des experts de premier plan, désormais absents du petit écran, trouvent refuge sur ces plateformes alternatives – et y pulvérisent les audiences.
17 radios publiques pour vérifier… quoi exactement ?
« Spotlight », ce sont 17 radios publiques, une plateforme dédiée, des tutos, des formations. Bref, un arsenal contre les fake news, pendant que la moitié des citoyens s’informe déjà ailleurs. Le directeur de Radio France nous dit que les médias publics doivent être « un havre de vérité dans un océan d’incertitudes ». Magnifique. On dirait une punchline de série scandinave sur Arte. Mais la vérité, c’est que la télévision est la première créatrice de fake news et que les audiences numériques de FTV vieillissent plus vite que leur code HTML. Et que sur YouTube, un type avec un micro cravate et un Canva Pro fait mieux que 300 millions d’euros de budget.
France Télévisions : des milliards pour prêcher dans le désert
Un rapport de l’Inspection Générale des Finances (mars 2024) est encore plus cash que nous : FTV est trop centrée sur le linéaire, les jeunes désertent, les contenus ne sont pas adaptés, et les efforts numériques sont trop lents, trop vieux, trop chers. En clair : « On fonce dans le mur, mais avec un rétro digitalisé ».
France Télévisions continue pourtant à investir des millions dans des plateformes comme france.tv ou Lumni, avec des résultats « en progression »… sauf que le temps passé par utilisateur est dramatiquement bas, que les jeunes n’y vont pas, et que le contenu fait souvent l’effet d’une conférence TED mal filmée, quand ce n’est pas un conférence de presse en direct de l’Élysée.
Pendant ce temps, les médias alternatifs…
…font de l’audience, du débat, du clash, du fond, du buzz, parfois des erreurs, certes, mais ils créent du lien avec la réalité, parlent aux gens, testent, innovent. À propos des grands médias, un rapport de commission d’enquête du Sénat concluait le 29 mars 2022 :
« Cette autocensure et cet appauvrissement du contenu contribuent à une atmosphère de méfiance qui va bien au-delà de la réalité du travail quotidien des journalistes, et constituent de puissants facteurs de fragilisation de l’information. »
Les résultats d’une enquête Harris disent plus simplement :
- 71 % des Français pensent que les médias ne s’intéressent pas à la véracité de l’information, uniquement à l’audience
- 58 % pensent que le gouvernement contrôle les informations qui sont diffusées dans les médias.
Les médias alternatifs ont aussi l’avantage de coûter 1 000 fois moins cher que le Titanic FTV. Et surtout, ils ne parlent pas uniquement à ceux qui dînent à 18h30.
Et si le tsunami, c’était pas les fake news, mais le vrai changement d’ère ?
Depuis le COVID, le monde a changé, les médias grand public ont tous été achetés par des milliardaires. La méfiance s’est installée, les institutions médiatiques s’effondrent, les formats explosent, les habitudes aussi. La vague est devenue un raz-de-marée. Pendant que le service public construit son nouveau phare contre la désinformation, il oublie qu’il n’y a plus personne sur la plage, qu’il est le premier propagateur de désinformation et que cela commence à se savoir.
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