Macron promettait des purificateurs d’air partout en 2022… quatre ans plus tard, les enfants suffoquent et les écoles ferment à cause de la canicule

Le 16 avril 2022, à Marseille, Emmanuel Macron avait dégainé l’une de ces grandes promesses écologiques dont les campagnes présidentielles ont le secret, surtout lorsqu’elles touchent à leur crépuscule. Devant ses militants, le candidat sortant assurait : « Si les Français me font confiance à nouveau, nous lancerons immédiatement un effort massif de purification de l’air dans nos écoles, nos hôpitaux, nos maisons de retraite, et dans tous les bâtiments publics. Vous en verrez les premiers résultats avant la fin de cette année. »

mise à jour le 24/06/26

À défaut de purificateurs, les établissements scolaires ont reçu le grand classique de la macronie : des obligations administratives.

Il fut réélu. Puis vint la suite, c’est-à-dire presque rien. Un silence bien aéré, à défaut d’être purifié.

Quatre ans plus tard, le grand courant d’air

En ce mois de juin, quatre ans après cette annonce martiale, aucun « effort massif » n’a véritablement pris corps. Les écoles n’ont pas été équipées à grande échelle de purificateurs d’air. Les hôpitaux et les EHPAD n’ont pas davantage bénéficié d’un plan national digne de ce nom. De la priorité sanitaire et écologique promise dans l’après-Covid, il reste surtout un souvenir de meeting, soigneusement rangé dans le placard des engagements solennels.

Ce qui existe, en revanche, tient dans quelques textes réglementaires. En décembre 2022, le gouvernement a renforcé les obligations de surveillance de la qualité de l’air intérieur dans les établissements recevant du public. Depuis 2023, puis pleinement depuis 2025 pour certains sites, les écoles doivent mesurer le CO₂, réaliser des auto-diagnostics tous les quatre ans et rédiger des plans d’action. Autrement dit : des capteurs, des formulaires, des tableaux, des rapports. Toute la majesté administrative française, mais sans les machines capables de purifier réellement l’air ou de rafraîchir des salles devenues invivables.

Quand les classes deviennent des étuves

Et voici que la réalité, toujours d’une indélicatesse parfaite, revient frapper à la porte. En ce mois de juin 2026, la France suffoque sous une canicule historique. Le 23 juin a été la journée la plus chaude jamais enregistrée dans le pays. Conséquence immédiate : près de 1 800 établissements scolaires ont dû fermer, tandis que 8 000 autres adaptaient leurs horaires, sur environ 60 000 au total.

Dans les classes, l’air ne circule plus, il stagne. Les élèves transpirent, les enseignants tiennent comme ils peuvent, et les bâtiments scolaires, souvent vétustes, révèlent brutalement ce que les discours publics s’emploient d’ordinaire à dissimuler : l’école française n’a pas été pensée pour le climat qui vient. Quant aux hôpitaux, déjà sous tension, ils doivent composer avec des infrastructures incapables d’absorber correctement des températures extrêmes.



Des alertes ignorées, des rapports empilés

Depuis 2022, les collectifs de parents, d’enseignants et de médecins alertent pourtant sans relâche. Leur constat n’a guère varié : dans de nombreuses classes, la qualité de l’air demeure médiocre, entre confinement, moisissures, chaleur excessive et ventilation insuffisante. Les purificateurs annoncés ? Toujours introuvables. L’« effort massif » s’est mué en effort de communication, ce qui présente au moins l’avantage d’être moins coûteux qu’une politique publique.

Emmanuel Macron avait promis des « premiers résultats visibles avant la fin de l’année » 2022. Nous sommes en 2026, au cœur d’une canicule record, et des écoles ferment parce que l’air y devient irrespirable. Les seuls résultats visibles, pour l’instant, ce sont des élèves renvoyés chez eux en urgence, des enseignants épuisés et des bâtiments publics qui accusent chaque degré supplémentaire comme une défaite de plus.

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