Italie : Obligation vaccinale pour tous, les tensions montent !

Santé

mise à jour le 27/09/21

Trieste septembre

En Italie, à partir du 15 octobre la vaccination sera obligatoire pour tous. Et cela jusqu’à la fin de la période d’urgence sanitaire, fixée au doigt mouillé au 31 décembre. En France, elle se termine le 15 novembre, mais… le porte-parole de l’Élysée la voit bien continuer jusqu’en juillet 2022. Puisque le virus va folâtrer autour des urnes en 2022, une nouvelle loi va nous permettre de voter par correspondance et ainsi d’élire le bon candidat, sans nous tromper. Gageons qu’en Italie l’état d’urgence sanitaire sera fêté au Nouvel An.

Seulement 1,4 % des personnes testées sont positives en Italie, pourtant 400 000 opérations ont été reportées. Le 16 septembre, le gouvernement et ses composantes diverses et variées ont décidé que les travailleurs (23 millions), qu’ils soient dans le public ou le privé, devront avoir le Green Pass (autrement dit être vaccinés). Que les fonctionnaires ne s’imaginent pas qu’ils vont continuer le télétravail. C’est fini : ils n’ont qu’à se faire vacciner, s’ils veulent travailler.

Actuellement, il est interdit de…

Pour assister à la messe, il suffit pour le moment de porter un masque et de se désinfecter les mains — pas d’échange de la paix à l’eau bénite et accès restreint. La Conférence épiscopale italienne a chargé tous les évêques d’inciter les fidèles à se faire vacciner. Le Green Pass est en négociation au Vatican.

Sans Green Pass, tout est interdit : travailler (à partir du 15 octobre), mais actuellement rendre visite à des malades ou des personnes en Ehpad, aller au restaurant, au spectacle, à la piscine, au casino, voyager, étudier (sauf à l’école primaire), enseigner. 

Une interdiction bureaucratique propre à l’Italie 

Les cobayes volontaires  qui ont reçu le vaccin ReiThera dans le cadre de l’essai Covitar n’ont pas droit au Green Pass… Pour les curieux, parce qu’au Média en 4-4-2, on ne vous raconte pas n’importe quoi, ce vaccin à vecteur viral est basé sur un adénovirus de gorille et est développé avec l’Institut Spallanzani, l’équivalent de Pasteur. Ainsi, cette petite armée de volontaires bardés de défenses anti-covidiens (inutiles, cependant, d’un point de vue bureaucratique) ne sont pas réellement vaccinés en raison de l’arrêt de financement imposé à la mi-mai par la Cour des comptes. Et ce malgré le fait que les données de l’essai de phase 2 garantissent une efficacité de 99 %.

Qui reste libre ?

Les moins de 12 ans et les personnes exemptées sur la base d’un certificat médical échappent à l’obligation du Green Pass.

La violence des victimes

C’est un peu violent d’exercer un chantage sur des millions de personnes parce qu’elles refusent une injection expérimentale, pensez-vous. Eh bien, vous avez tort. Ou plutôt la violence n’est pas celle que vous croyez. En témoigne la presse française sur la situation italienne :

« Jusqu’où iront les violences du mouvement “no-pass” en Italie ? » Courrier international

« La violence des « anti-vax » italiens s’accentue depuis quelques jours, avec l’extension de l’obligation du passe sanitaire pour les trajets longs à l’intérieur du pays. » RFI

« Italie : perquisitions chez huit activistes anti-vaccins potentiellement violents. » BFM-RMC (toujours les meilleurs !)

Des manifestations sans partis politiques ni syndicats ni unité

Même dans les petites villes comme Brescia, Bassano del Grappa et Francavilla al Mare, il y a eu des manifestations.

A Gênes, les manifestations étudiantes se sont déroulées dans une touchante fraternité, comme en témoigne ce communiqué à la presse : « La bannière visible sur les photos montrant “les étudiants génois contre le passe vert” n’est pas liée au groupe “Étudiants contre le passe vert de l’Université de Gênes” et au groupe national “Étudiants contre le passe vert”. Nous vous informons également que ceux qui participent aux manifestations de Libera Piazza Genova ne peuvent pas utiliser notre nom car ils ne font plus partie de nos groupes, conformément à la déclaration officielle du 14 septembre envoyée sur nos canaux et dont tout le monde a connaissance. »

A Trieste, 8000 personnes se sont rassemblées contre le gouvernement et les journalistes : « Vous êtes les assassins, nous voulons la santé et la liberté ».

Une manifestation d’au moins 4 000 personnes a paralysé le centre de Padoue. Des plaintes ont été reçues de la part de commerçants concernant les désagréments causés par ces initiatives le samedi, jour du shopping.

A Rome, la manifestation n’a pas été organisée par des partis politiques traditionnels, mais par Ancora Italia, le Mouvement 3V (Vaccini Vogliamo Verità), FISI, Primum non nocere, No paura day et Fronte del dissenso.

A Bologne, la manifestation a eu lieu, comme tous les samedis, dans la zone universitaire.

A Milan les manifestants ont échangé des insultes avec les participants du rassemblement Fratelli d’Italia [extrême droite].

Une partie de la Ligue du Nord se rapproche des « anti-vax » et une autre continue à soutenir Fratelli d’Italia. Le but : prendre des voix au mouvement 5 étoiles. Les élections générales sont prévues pour 2023, mais il n’est jamais trop tôt pour faire campagne. Et le coronavirus pendant ce temps-là ? La classe politique n’en parle même plus.

Jacqueline pour Le Média en 4-4-2

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