Depuis l’ouverture du marché à la concurrence en 1993, deux sociétés se disputent le marché funéraire : les Pompes funèbres générales (un fonds d’investissement canadien) et Roc Eclerc (Funecap Holding possédé par deux fonds d’investissement, Latour et Charterhouse). Malgré l’illusion d’une concurrence, les tarifs sont stratosphériques. La santé et même l’euthanasie sont financées par la Sécurité sociale, mais pas la mort.
Inhumation (achat d’un terrain dans un cimetière, creusement de la fosse, entretien à long terme) : de 3 500 € à 7 000 €.
Crémation (frais de crématorium, d’urne et de dispersion ou conservation des cendres) : de 2 500 € à 4 500 €.
Même les crématoriums, qui sont des services publics, sont tombés entre leurs mains, pour leur plus grand profit. On ne paie pas le transport pour aller à l’hôpital et pour en revenir une fois soigné. En revanche, si le malade meurt et doit repartir les deux pieds devant, c’est une tout autre histoire. La famille paie plein pot. Les tarifs sont hors de contrôle : la mort coûte cher.
« Le jour du décès il faut aller aux pompes funèbres, c’est déjà un peu dur. Là il faut choisir entre la pleine terre, du béton, quel caveau, et à la fin, on sort une facture à 9000 euros », témoigne Nicole.
Seul Hadrien Clouet, député LFI, a proposé que la Sécurité sociale finance les obsèques. « Une cotisation à 0,3 % suffirait pour garantir à chacun 4 000 euros d’obsèques, financés selon le principe de solidarité. Pour un salarié au SMIC, cela reviendrait à moins de cinq euros par mois. » Seules les entreprises acceptant de pratiquer des tarifs régulés pourraient être remboursées par cette “CPAO”(caisse primaire d’assurance obsèques). »
« Il faut interdire le lucratif dans les pompes funèbres. On ne peut pas faire du profit sur le deuil des gens. » Hadrien Clouet.
La gestion du covid a coûté 650 milliards. Une période rentable non seulement pour l’industrie pharmaceutique, mais aussi pour les sociétés de pompes funèbres. L’OGF avait géré la morgue à Rungis choisie par la préfecture de police de Paris pour y stocker les morts du covid. Stockage des corps et entrée étaient facturés aux familles. OGF facturait un forfait de 6 jours à 159 euros pour l’admission et le séjour en condition de conservation du cercueil fermé et scellé, puis, le délai légal de six jours pour inhumer un défunt étant souvent dépassé pour cause de surmortalité due au coronavirus, la journée supplémentaire était à 35 euros.
Depuis 2020, les cours de l’action OGF (Pompes funèbres générales) ont bondi, et cela continue. En 2024, OGF a réalisé 607 millions de chiffres d’affaires.
Quant à Roc Eclerc, il est passé sous la coupe de Funecap qui annonce 800 millions de chiffre d’affaires (dont 135 pour le seul Roc Eclerc) et tente de se donner une image humaine, malgré le témoignage d’un de ses salariés que la société poursuit en diffamation.
« J’ai vu de mes propres yeux mon collègue frapper sur le capot du cercueil avec une masse car le front du défunt empêchait la fermeture », « j’ai assisté à des collègues qui sautaient à pieds joints directement sur les jambes des morts » pour qu’il rentre dans sa dernière couche.
Délibéré de la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris au 10 octobre 2025. Au 17 octobre il n’est toujours pas rendu public.
« Les charognards – pompes funèbres : enquête sur le business de la mort » de Brianne Huguerre-Cousin et Matthieu Slisse, Le Seuil, parution le 17 octobre 2025.
Pas encore de commentaire sur "Enquête sur le business de la mort : « Les charognards »"