Le vapotage, nouvelle vache à lait
Parmi les mesures les plus symboliques, une taxe inédite vise les produits de vapotage. Les e-liquides, qu’ils contiennent ou non de la nicotine, seront frappés d’une ponction de 0,30 à 0,50 euro par flacon de 10 ml. Prétextant un alignement sur la fiscalité du tabac, le pouvoir brandit l’argument de la santé publique. Un leurre, pour la Fédération interprofessionnelle de la vape (FIVAPE), qui dénonce une mesure « anti-sociale et pro-tabac », susceptible de renvoyer les vapoteurs vers la cigarette. En augmentant le prix des flacons de 5 à 10 %, cette taxe punitive sape délibérément une alternative moins nocive.
Les colis low-cost, cible désignée
Autre cible de choix : les petits colis en provenance de pays extra-communautaires. Une taxe de 2 euros par article – et non par envoi – s’appliquera aux achats de moins de 150 euros. Visant explicitement les géants chinois du e-commerce comme Shein ou Temu, cette mesure, présentée comme un bouclier pour le commerce local, fonctionne surtout comme une nouvelle taxe sur la consommation populaire. Avec 800 millions de colis traités en 2024, l’État espère engranger 1,6 milliard d’euros, faisant payer aux consommateurs le prix de sa propre incapacité à réguler le marché.
BUDGET 2026 : « C’EST UNE VÉRITABLE BOUCHERIE » Philippe Béchade, économiste pic.twitter.com/bQCYQMBQ41
— Jacques Renardiere (@JRenardiere) October 21, 2025
Les avantages sociaux dans le collimateur
Plus sournoise, une contribution patronale de 8 % s’abattra sur les tickets-restaurant et les chèques-vacances financés par les CSE. Ce coup de canif dans les avantages en nature, justifié par un prétendu renforcement de l’équité, se traduira immanquablement par une baisse du pouvoir d’achat. Les entreprises, pour éviter la charge, seront incitées à rogner sur ces compléments de salaire, privant les salariés d’une aide précieuse. Une manière détournée de ponctionner les classes moyennes sous couvert d’égalitarisme.
Une logique de prélèvement systémique
Ce budget ne se résume pas à ces seules mesures. Il s’inscrit dans une stratégie globale d’augmentation de la pression fiscale : suppression de niches dites « obsolètes » pour 5 milliards, taxe sur les holdings patrimoniales, doublement des franchises médicales. Malgré la communication gouvernementale sur la suppression de la CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises ), les recettes fiscales nettes progressent de 14 milliards d’euros. La France entérine son statut de laboratoire fiscal, où toute nouvelle pratique sociale ou commerciale est immédiatement perçue comme un gisement de revenus. Une frénésie qui étouffe l’initiative et confisque le revenu des Français, sans garantie aucune de résorber une dette publique colossale.
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