« Les États-Unis vont manquer de missiles, ils vont reculer et être chassés » : Douglas MacGregor, ancien conseiller au Pentagone

Douglas MacGregor affirme que la guerre n’a pas commencé par une attaque conjointe : selon lui, Israël a lancé l’offensive contre l’Iran et les États-Unis se sont joints ensuite. Il annonce une guerre longue, un choc économique (dollar) et un recul américain faute de stocks de missiles et de logistique.

mise à jour le 05/03/26

Détroit d’Ormuz + Suez sous tension, stocks qui fondent : MacGregor voit Washington reculer au Moyen-Orient.

La séquence militaire ouverte le samedi 28 février 2026 avec une opération conjointe américano-israélienne contre l’Iran a fait basculer la région dans une crise dont les répliques dépassent largement le seul face-à-face Téhéran–Tel-Aviv.

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Dans ce contexte explosif, une voix revient avec insistance sur les réseaux : celle de Douglas MacGregor, ancien conseiller du Pentagone, interrogé dans des formats diffusés sur YouTube ces derniers jours.

« Le monde entier a désormais les yeux rivés sur ce conflit »

Dans son analyse, MacGregor décrit un engrenage qui s’installe, avec des conséquences en chaîne sur l’économie mondiale, le système financier américain et l’équilibre stratégique du Moyen-Orient.

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« Nous sommes au début de ce qui s’apparente à une longue guerre régionale. Cette crise, provoquée par la guerre du Golfe, affecte l’Inde, l’Asie du Nord-Est, la Turquie et l’Europe. En réalité, le monde entier a désormais les yeux rivés sur ce conflit. Le dollar perd de la valeur. Sur le plan économique, c’est une catastrophe. Financièrement, pour les États-Unis, c’est également un désastre. Cela prendra du temps, mais avec le temps, la situation ne fera qu’empirer », a-t-il souligné.

MacGregor : les États-Unis vont manquer de missiles et être forcés de reculer

Pour MacGregor, le vrai point faible des États-Unis dans cette guerre n’est pas “le courage” ou “la technologie” : c’est la capacité à tenir le rythme. Il explique que, dans une campagne où les missiles pleuvent et où il faut défendre des bases, des ports, des navires et des aéroports, la guerre devient une équation de stocks, de routes et de temps. Et selon lui, cette équation tourne mal pour Washington.

D’abord, les Américains ont perdu des points d’appui proches qui servent à réapprovisionner la marine et les forces engagées dans la zone. Il décrit des ports “utilisés pour ravitailler” qui ont été détruits, ce qui oblige mécaniquement les États-Unis à déporter leur logistique beaucoup plus loin :

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« Les ports que nous utilisions pour ravitailler nos forces navales en missiles et munitions ont été détruits… ce qui nous force à reculer et à opérer… jusqu’en Inde… jusqu’en Italie. »

Un deuxième verrou : les routes maritimes. L’Iran peut “fermer” ou rendre trop dangereux des passages essentiels, et cela ne touche pas que le commerce mondial — ça touche aussi la capacité américaine à ravitailler, faire tourner les bâtiments, amener du matériel et soutenir une guerre longue :

« L’Iran a fermé le détroit d’Ormuz… et, via la mer Rouge, a aussi fermé Suez. »

Mais le cœur de sa thèse, c’est la consommation. Même si les États-Unis ont de gros moyens, ils ne peuvent pas suivre une guerre où les missiles arrivent en continu, parce que la défense anti-missiles vide les stocks à une vitesse folle. Selon lui, les États-Unis ne pourront pas fabriquer assez vite pour compenser :

« Nous ne pouvons pas produire des missiles assez vite pour soutenir cette guerre. Une partie de nos stocks a déjà été consommée en Ukraine. Souvent, il faut tirer deux ou trois intercepteurs pour un seul missile entrant. »

MacGregor termine sur l’idée que certaines menaces aggravent encore cette équation (vitesse, saturation, difficulté d’interception), ce qui revient au même : tu consommes plus vite que tu ne remplaces :

« Les missiles hypersoniques… vont trop vite… »

Au final, sa conclusion est simple : si tu perds tes relais logistiques proches, si les routes maritimes se compliquent, et si ta défense brûle tes stocks plus vite que ton industrie ne les produit, alors le recul n’est pas un choix politique — c’est une contrainte. C’est pour ça qu’il parle d’un mouvement où les États-Unis seront forcés de se déplacer en arrière et, à terme, de réduire leur présence sur zone.

MacGregor : plus la guerre dure, plus Washington « paraît faible »

Toujours selon lui, l’un des effets politiques les plus lourds pourrait venir… des partenaires et voisins de l’Iran. MacGregor parie sur une érosion progressive de la présence américaine, poussée par la rue et par les calculs des États du Golfe.

« Plus la guerre dure, plus les États-Unis et Israël paraissent faibles, et plus l’Iran paraît fort. Je pense que l’Iran survivra. Nous sommes donc dans une véritable impasse. Je pense que nous finirons par être chassés de la région. Regardez ce qui se passe en Irak actuellement : les chiites se soulèvent et le gouvernement irakien veut le départ des États-Unis.  Je pense que nous devrons partir. Je ne pense pas que quiconque dans le Golfe persique souhaite notre présence près de ses ports, aéroports ou autres infrastructures. Je pense que cela se transforme en un désastre imminent pour les États-Unis », a expliqué l’expert.

MacGregor : l’attaque a commencé par Israël et les États-Unis ont suivi

« Or, ce qui est curieux dans cette guerre, c’est qu’elle n’a pas commencé par une attaque conjointe israélo-américaine. Elle a commencé par une attaque israélienne. Et le secrétaire d’État Rubio, a indiqué au groupe des huit des sénateurs américains membres de la commission des forces armées du Sénat, qu’Israël avait lancé l’attaque. Nous n’en avions pas été informés. Nous n’avions pas été prévenus qu’ils allaient faire cela. Tout ce que nous savions, c’est que cela restait une possibilité. Nous avons décidé de simplement nous joindre à l’action. Les Israéliens l’ont commencé et nous avons suivi. »

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