Pédocriminalité

Un ancien maire accusé d’agressions sexuelles sur les fillettes de l’ASE : Jugé en correctionnelle, il est laissé en liberté

Dans un contexte où les scandales impliquant des figures d'autorité et des institutions chargées officiellement de protéger les enfants se multiplient, Jacques Thomet, journaliste et auteur reconnu pour ses enquêtes incisives sur la pédocriminalité, met en lumière une affaire emblématique de dysfonctionnements judiciaires et institutionnels. Cet article, publié sur ses réseaux, dénonce la "correctionnalisation" d'actes graves qualifiés initialement de viols, soulignant les failles récurrentes de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) et du système judiciaire.

mise à jour le 07/02/26

Le parcours judiciaire d’un ancien maire accuse les failles béantes de la protection de l’enfance.

Jacques Thomet s’appuie sur des témoignages poignants pour alerter sur la vulnérabilité des mineurs placés et l’impunité perçue de certains prédateurs. Voici son article :

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« Le juge d’instruction sait-il que masturber une fillette et la contraindre à le faire est un viol, donc un crime passible des Assises ou d’une Cour criminelle à défaut ? »

À Tours, le tribunal correctionnel a requis hier trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt différé contre l’ancien maire de Nazelles-Négron (Indre-et-Loire) Richard Chatellier, auteur de viols, requalifiés en attouchements sexuels, sur trois jeunes filles placées en famille d’accueil par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) chez son épouse. Jugement le 7 avril.

Même la procureure s’est étonnée en audience de ce renvoi en correctionnelle, pour des faits aussi graves, par le juge d’instruction. Le prévenu est sorti libre. Il s’était dit innocent et impuissant.

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Les viols ont été dénoncés en 2021 par des fillettes placées dans cette famille depuis 1997. Vingt-cinq autres mineures ont passé leur enfance chez les Chatellier. Le témoignage de l’une d’elles est glaçant : « un jour, dans le camping-car en rentrant d’un réveillon de Noël, il m’a dit : “si tu veux être une femme, il faudra se mettre à poil quand on arrivera à la maison”. Quand on est rentrés, je suis montée dans la chambre me déshabiller, il m’a caressé le sexe, et m’a doigté. Un autre jour, il m’a demandé s’il pouvait me raser en bas. Et puis régulièrement, il me demandait de me doigter devant lui, quand je ne voulais pas, c‘est lui qui le faisait. Il s’arrangeait toujours pour faire ça quand il n’y avait personne à la maison. Je ne cherchais pas à me débattre. Je ne disais rien, je me laissais faire parce que j’avais peur. »



Les victimes n’en ont parlé qu’en 2021, par peur de ne pas être crues. « Qui va croire une enfant placée contre la parole d’un maire ?» dira-t-elle.

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Avocat d’Innocence En Danger pour les parties civiles, Me Jean Sannier fera part de « son étonnement, face à ce banc des parties civiles qui n’accueillera pas l’ASE d’Indre-et-Loire. Plus vulnérables que d’autres, ces enfants-là devraient être soutenus par l’ASE qui les a placés chez celui qui va abuser d’elle. Mais une fois encore, l’ASE sera absente au procès de celui à qui elle a accordé sa confiance ».



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