Politique

La prophétie auto-réalisatrice de Macron lors de ses vœux : La peur de l’ingérence étrangère pour préparer le terrain à la dictature numérique

Lors de sa traditionnelle allocution du 31 décembre, Emmanuel Macron n'a pas souhaité la bonne année. Il a décrété l'état de siège numérique. Affirmant qu'il "fera tout" pour "protéger" la présidentielle de 2027 de "toute ingérence étrangère", le chef de l'État a posé les premières pierres d'un dispositif orwellien. Derrière le langage lisse de la protection démocratique se cache un projet autrement plus sinistre : profiter de la psychose d'une menace extérieure – russe, évidemment – pour instaurer un contrôle identitaire généralisé sur internet. La "dictature numérique" n'est plus une fiction dystopique. Elle s'écrit aujourd'hui, à l'Élysée, sous nos yeux complices.

mise à jour le 04/01/26

Bientôt, pour critiquer le gouvernement en ligne, il faudra présenter papiers et empreintes digitales. Pour votre sécurité, bien sûr.

La Russie, ennemi commode d’une stratégie interne

Notre cher président, dans une rhétorique habile, a soigneusement évité de nommer l’ennemi. Il s’est contenté de peindre un monde en guerre, évoquant « l’agression » russe en Ukraine. Le lien avec les « ingérences » électorales était implicite, donc irréfutable. Le procédé est connu : recycler le mantra de l’ingérence fantasmée pour créer un climat de peur permanent. Cette « prophétie » d’une attaque en 2027 n’est fondée sur aucun fait nouveau. Elle est en revanche l’outil parfait pour justifier, dès aujourd’hui, des mesures liberticides présentées comme « préventives ». La panique morale autour des mineurs sert déjà de couverture à cette entreprise de contrôle.

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La « protection de l’enfance », cheval de Troie de la surveillance

L’opération de séduction est diaboliquement efficace. Fin novembre, Macron liait déjà désinformation et ingérence étrangère. En décembre, il annonçait son véritable objectif : interdire les réseaux sociaux avant 15 ou 16 ans via une vérification d’âge obligatoire. Le prétexte ? Protéger « nos enfants ». La réalité technique ? Une identification systématique de chaque utilisateur, potentiellement reliée à des bases de données d’État. S’inspirant de mesures australiennes répressives, le pouvoir prépare l’infrastructure d’une surveillance totale. Une fois le verrou technologique en place pour les mineurs, son extension à l’ensemble de la population – au nom de la lutte contre les bots étrangers – sera un jeu d’enfant. Les projets de « couvre-feu numérique » et le carcan bureaucratique du Digital Services Act européen fourniront le cadre légal à cette étouffante normalisation.

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Le leurre du dilemme liberté-sécurité

Le tour de force macroniste est d’avoir réussi à faire passer l’instauration d’un fichage général pour une simple question de bon sens sécuritaire. En brandissant l’épouvantail russe, l’exécutif espère faire taire toute objection sous un torrent de patriotisme numérique. Pourtant, les preuves d’ingérences ayant réellement influencé une élection française sont inexistantes. Les campagnes de désinformation, si elles existent, sont marginales. La « menace » sert avant tout de prétexte à un changement de paradigme : faire de l’espace numérique, dernier lieu d’expression anonyme et libre, une extension transparente et policée de l’État. Les associations libertaires, comme La Quadrature du Net, hurleront dans le désert. Le pouvoir, lui, avancera masqué, drapé dans les oripeaux usés du protecteur.

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Bienvenue dans la démocratie vérifiée

Emmanuel Macron, président en fin de règne, semble déterminé à laisser une trace indélébile : celle d’un pays devenu laboratoire de la surveillance de masse. Son discours alarmiste sur 2027 n’a qu’un but : habituer les esprits à l’inacceptable. Demain, il ne s’agira plus de protéger les enfants des écrans, mais les adultes de leurs propres opinions. L’anonymat, condition sine qua non de toute expression critique dans un État hyper-surveillé, sera mort et enterré. La « prophétie » de l’ingérence est un piège. Le véritable danger ne vient pas de Moscou, mais de cette lente et méthodique renonciation à nos libertés, vendue comme le prix inévitable de la sécurité.

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