De l’analyse des faiblesses structurelles des dictatures – leur dépendance à la collaboration passive des masses – à la mise en œuvre d’une « défiance politique » graduelle, la méthode Sharp se veut une alternative à la violence directe, terrain où l’État excelle. Il préconise une subversion par le menu : campagnes apparemment apolitiques, symboles ridicules, grèves éclairs et entrisme au sein de l’appareil d’État, le tout soigneusement chorégraphié pour une audience internationale.
Le but est de provoquer l’implosion du régime en lui retirant sa légitimité, sans négociation possible sur les « fondamentaux ». Pourtant, comme le note Rachid Achachi, cette science du chaos, éprouvée des printemps arabes au Maïdan, excelle dans l’art de détruire mais laisse un vide théorique abyssal. Le résultat, souvent, n’est pas l’éden démocratique promis, mais un pays en ruine, livré à des conflits ethniques et à l’ingérence étrangère, où les « démocrates » initiaux se retrouvent bien souvent les « cocus de l’histoire ».
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