Trump à la Knesset : le véritable accord de paix à Gaza passe d’abord par l’arrêt des poursuites contre Netanyahu

L'accord de paix à Gaza du 13 octobre 2025 cache un deal clé : la grâce de Netanyahu pour corruption, poussé par Trump dès juin, pour forcer la fin d'une guerre prolongée comme bouclier judiciaire.

mise à jour le 15/10/25

Netanyahu, Trump et la paix à Gaza : le vrai deal derrière les négociations.

Le 13 octobre 2025, le monde a salué l’annonce d’un accord de paix à Gaza, négocié sous l’égide de l’administration Trump. Officiellement, il s’agit d’un échange d’otages : la libération des 20 otages israéliens survivants contre 250 Palestiniens condamnés à perpétuité et 1 700 otages de Gaza, accompagnée d’un retrait partiel des troupes israéliennes et d’une cessation des hostilités qui ont causé plus de 67 000 morts palestiniens. Mais derrière cette façade humanitaire se cache une réalité plus cynique : le véritable deal n’est pas l’échange d’otages pour la fin de la guerre, mais la grâce accordée à Benjamin Netanyahu pour ses affaires de corruption. Et Donald Trump, en fin stratège, l’a parfaitement compris, comme en témoignent ses interventions publiques.

Netanyahu et la guerre comme bouclier judiciaire

Depuis des années, Benjamin Netanyahu fait face à un procès pour corruption, fraude et abus de confiance – des accusations qu’il qualifie lui-même de « chasse aux sorcières » orchestrée par ses opposants politiques. Ces poursuites ont miné sa popularité, mais la guerre à Gaza, déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, lui a offert un répit inattendu. En tant que « Premier ministre de guerre », Netanyahu a pu consolider son pouvoir, retarder les audiences judiciaires et détourner l’attention de ses ennuis personnels. Des analystes israéliens et internationaux ont longtemps soupçonné que la prolongation du conflit servait avant tout à éviter une condamnation qui pourrait le mener en prison. Sans la guerre, Netanyahu perdrait son immunité de facto et risquerait l’effondrement de sa coalition.



C’est ici que l’accord de paix prend une tournure inattendue. L’échange d’otages et le cessez-le-feu ne sont que des éléments de surface. Le nœud gordien, c’est la situation judiciaire de Netanyahu : tant qu’il reste menacé par la justice, il a tout intérêt à maintenir un état de crise pour se poser en leader indispensable. Trump, avec son flair pour les deals personnels, a identifié cette faille et l’a exploitée pour forcer la paix.

La première salve : Le post de Trump sur Truth Social en juin 2025

Dès le 25 juin 2025, Trump a publiquement pris position en faveur de Netanyahu via un post sur Truth Social, qualifiant le procès de « véritable chasse aux sorcières » et appelant à son annulation immédiate ou à un pardon. Dans ce message, Trump écrit :

« C’est une véritable chasse aux sorcières. Pour un homme qui a tant donné à Israël, c’est tout simplement inconcevable. Ce procès devrait être annulé immédiatement. Bibi Netanyahu mérite mieux, et Israël aussi. »

Il loue Netanyahu comme un « guerrier qui a sauvé son pays » et minimise les accusations liées à des cadeaux comme des cigares et du champagne.

Ce n’est pas une simple déclaration de soutien. À cette date, les négociations sur Gaza piétinaient, avec Netanyahu réticent à tout compromis majeur. Trump, en évoquant un pardon, envoyait un signal clair : pour débloquer la paix, il fallait résoudre le problème personnel de Netanyahu. Des sources israéliennes rapportent que des discussions étaient déjà en cours sur un lien entre la fin de la guerre et une grâce présidentielle, potentiellement accordée par Isaac Herzog. Trump comprenait que sans cette carotte judiciaire, Netanyahu prolongerait indéfiniment le conflit pour se protéger.

Le discours à la Knesset et la demande explicite de grâce

Le 13 octobre 2025, jour de l’annonce de l’accord de paix, Trump s’adresse à la Knesset israélienne et improvise une demande directe : il appelle le président Herzog à gracier Netanyahu. « Monsieur le Président, pourquoi ne pas accorder une grâce à Netanyahu ? Cigares et champagne, qui s’en soucie ? C’est l’un des plus grands présidents de guerre », déclare-t-il, minimisant les charges et liant explicitement le leadership de Netanyahu pendant la guerre à la nécessité d’une clémence. Ce moment, capturé en vidéo et largement partagé sur X, n’est pas une gaffe : c’est le point culminant d’une stratégie.

Des rapports indiquent que Trump a pressé Netanyahu par des appels téléphoniques insistants, le menaçant d’abandonner Israël s’il n’acceptait pas le deal. Et des rumeurs circulent sur un arrangement plus large : fin de la guerre contre Gaza, exil des leaders du Hamas, et en retour, un pardon pour Netanyahu, potentiellement lié à une reconnaissance partielle d’un État palestinien réformé.

Pourquoi c’est le véritable deal : Trump, maître des négociations personnelles

Trump n’est pas naïf. Ayant lui-même qualifié ses propres poursuites judiciaires de « witch hunts » (chasse aux sorcières), il voit en Netanyahu un alter ego. En liant la paix à une grâce, il offre à Netanyahu une sortie honorable : abandonner la guerre sans craindre la prison. Sans cela, l’échange d’otages n’aurait pas suffi – Netanyahu aurait trouvé des prétextes pour continuer, comme il l’a fait pendant deux ans. Des opposants israéliens comme Yair Lapid ont critiqué cette ingérence comme une affaiblissement de la justice, mais elle a boosté la popularité de Netanyahu auprès de sa base.

« Nous avons de la reconnaissance pour le président Trump, mais (…) le président ne devrait pas s’immiscer dans un procès judiciaire d’un pays indépendant », Yair Lapid, le 26 juin 2025 sur Ynet.

En résumé, l’accord officiel masque le vrai enjeu : gracier Netanyahu pour qu’il lâche prise. Trump l’a compris dès juin et l’a concrétisé en octobre, prouvant que la géopolitique est souvent affaire de deals personnels. Reste à voir si cette paix tiendra, ou si elle n’est qu’une pause dans un cycle plus sombre.

Selon la loi israélienne (notamment l’article 11 de la loi sur les pouvoirs du président, adoptée en 1951), le président d’Israël dispose du pouvoir de gracier ou de commuer les peines pour des infractions pénales. Ce pouvoir est exercé sur recommandation du ministre de la Justice, après consultation d’une commission de grâces. Il s’applique aux personnes condamnées, mais des précédents historiques montrent que des grâces préventives ou anticipées sont possibles dans des circonstances exceptionnelles (par exemple, un cas notable en 1986 dans l’affaire du bus 300).

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