Après « Pegasus » de NSO, « Graphite » de Paragon
L’entreprise israélienne de cyber-piratage NSO Group, fabricant du logiciel Pegasus, a été condamnée après plainte de WhatsApp. Pegasus est interdit par le gouvernement américain. Paragon, fabricant de Graphite, a pris la place de NSO Group, fabricant de Pegasus, avec un nouveau logiciel malveillant, Graphite. Comme son prédécesseur, Graphite perce subrepticement les protections des smartphones modernes et échappe au cryptage des applications de messagerie comme Signal ou WhatsApp, récoltant parfois les données à partir de sauvegardes dans le cloud.
« Le logiciel espion de Paragon offre des capacités comparables à celles de Pegasus. Une fois qu’un téléphone est infecté par Graphite, l’opérateur du logiciel obtient un accès total à l’appareil, incluant la possibilité de lire les messages échangés via des applications cryptées telles que WhatsApp et Signal. L’entreprise a été fondée par Ehud Barak, ancien Premier ministre israélien. », selon The Guardian.
Pour sa défense devant la Justice américaine, NSO Group avait fait valoir que Pegasus aidait les forces de l’ordre et les agences de renseignement à arrêter les terroristes, les pédophiles et les criminels. La Justice l’a cependant reconnu coupable de piratage car les forces de l’ordre au Mexique, en collaboration avec leurs homologues américains, avaient détourné Pegasus de son objectif pour pirater journalistes et militants. En Arabie saoudite la famille de Jamal Khashoggi avait été ciblée par Pegasus quatre jours avant l’assassinat du journaliste par Mohammed Ben Salman.
La Drug Enforcement and Administration Agency (DEA) justifie actuellement son utilisation de Graphite par les mêmes arguments qui ont servi à justifier l’emploi de Pegasus. Pas très convaincant.
Services de renseignement israéliens et américains main dans la main
Paragon, qui a produit Graphite, a été créé en 2019 par un groupe d’anciens membres des services secrets dont l’ancien Premier ministre et chef d’état-major de Tsahal Ehud Barak. Ce dernier avait auparavant conclu un accord commercial avec Epstein pour financer une start-up en Israël. S’agissait-il de Paragon ?
Pour s’introduire aux États-Unis, Paragon a embauché le groupe de conseil WestExec Advisors, situé dans la même rue que la Maison-Blanche… et composé d’anciens responsables du gouvernement d’Obama, dont Antony Blinken. Après avoir consulté l’ancien ambassadeur des États-Unis en Israël, Dan Shapiro, Paragon aurait également demandé des conseils aux États-Unis sur sa liste de pays dont l’utilisation de Graphite ne contrarierait pas la Maison-Blanche (35 pays auraient été approuvés, principalement en Europe et en Asie).
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