On voulait nettoyer les cités, ils ont surtout sali leurs dossiers. À Marseille, la brigade censée faire la guerre à la blanche aurait plutôt mis les mains dedans jusqu’au cou. La cheffe locale de l’Office antistupéfiants (Ofast) et son bras droit viennent d’être mis en examen à Paris. Motif ? Rien de moins que complicité de faux, atteinte à la vie privée, et pour faire bonne mesure, violation du secret d’une enquête sur la criminalité organisée. Rien que ça.
Un parfum de scandale judiciaire flotte sur les bureaux climatisés du commissariat. Et cette fois, ce n’est pas une série Netflix, c’est la République.
Quand les policiers flirtent avec le trafic… qu’ils sont censés démanteler
L’histoire commence en février 2023, avec un renseignement anonyme (le genre de petit mot qu’on ne veut jamais recevoir avant le café du matin). Un container de cocaïne venu tout droit de Colombie débarque tranquillement au port de Marseille, destination finale : la région parisienne.
Sur le papier, 200 kg de poudre devaient être surveillés de près par l’Ofast. En pratique ? Près de 400 kg se sont volatilisés dans la nature, avec la grâce d’un tour de passe-passe logistique. Résultat : zéro interpellation, et une enquête classée en janvier 2024. Rideau. Ou presque.
France : les patrons de l’Ofast de Marseille mis en examen après la disparition de 400kg de cocaïne
– La commissaire divisionnaire de l’office anti-stupéfiant marseillais et son adjoint ont été mis en examen dans le cadre d’une enquête ouverte pour « importation et trafic de… pic.twitter.com/ybbZCGQjXT— Anadolu Français (@aa_french) June 26, 2025
Parce que certains cadres de la police judiciaire, qui ont vu arriver l’embrouille plus vite qu’un narco à Roissy, ont signalé l’affaire. Et c’est là que l’IGPN entre en scène. Spoiler : ça sentait tellement mauvais que la Junalco (la brigade nationale anti-criminalité organisée, version gros calibre) a repris l’affaire en main.
360 kilos envolés et des flics dans le viseur
Ce qu’ils ont découvert donne le vertige : des échanges troubles entre policiers et tiers, une cargaison de 360 kilos de coke qui aurait changé de mains sans le moindre tampon hiérarchique, et surtout une dissimulation en bonne et due forme des quantités réelles arrivées sur le territoire.
Et là, plus personne ne rigole (enfin, sauf peut-être du côté des cartels).
Deux policiers de l’Ofast Marseille avaient déjà été placés en détention provisoire en avril. Un troisième les a rejoints en juin, mais avec un petit traitement de faveur : contrôle judiciaire, pas de prison. Cette semaine, c’est au tour des chefs de tomber, avec interdiction de mettre un pied dans un commissariat, notamment ceux des Bouches-du-Rhône, et de parler à qui que ce soit lié au dossier.
“Elle contestera tout, bec et ongles”, promet son avocat
Me Louis Cailliez, l’avocat de la commissaire en chef tombée du piédestal, jure que sa cliente n’a “rien à se reprocher”. Elle clame son honneur outragé, sa probité bafouée, et dénonce une “instrumentalisation” du dossier. Classique défense, sauce 2025.
Mais difficile de vendre une opération “main propre” quand les mains sont poudrées.
Pas encore de commentaire sur "Marseille : deux commissaires mis en examen pour complicité dans un trafic de cocaïne à 360 kilos"