Politique

Les pièges de l’Alliance Souverainiste : Pourquoi l’union d’Asselineau, Dupont-Aignan et Philippot risque de les faire tous disparaître

L’alliance souverainiste entre Asselineau, Dupont-Aignan et Philippot, présentée comme une force, risque en réalité de les faire disparaître au profit de Zemmour et Philippe de Villiers.

mise à jour le 20/09/25

Clash sur Sud Radio : Bercoff, Philippot et Dupont-Aignan s’affrontent sur l’avenir du Frexit.

Dans le paysage politique français, l’idée d’une alliance entre trois figures souverainistes – François Asselineau (Union Populaire Républicaine, UPR), Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France, DLF) et Florian Philippot (Les Patriotes) – revient régulièrement sur la table. Ces leaders, tous eurosceptiques et partisans — plus ou moins — d’un « Frexit » (sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et souvent de l’OTAN), ont récemment été au cœur de débats, notamment autour d’une primaire pour la présidentielle de 2027. Mais derrière les appels à l’unité, se cache un danger majeur : une telle union pourrait non seulement diluer leurs identités dissidentes, mais aussi les marginaliser électoralement, au profit de rivaux comme Éric Zemmour-Knafo et Philippe de Villiers.

Nous expliquerons pas à pas les acteurs, les tentatives d’union (avec le rôle clé d’André Bercoff sur Sud Radio), les dangers multiples, et pourquoi cette manœuvre risque de faire « disparaître » ces trois personnalités du paysage politique. Basé sur des faits récents (septembre 2025) et des échanges publics, il vise à clarifier pourquoi, au-delà des egos, c’est une question de survie stratégique.

Le contexte : Un souverainisme divisé face à l’UE

Pour bien comprendre, rappelons que le souverainisme français est un courant hétérogène, né de la défiance envers l’UE depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen (TCE, rejeté par 55 % des Français). Aujourd’hui, 36 % des citoyens sont favorables à une sortie de l’UE selon des sondages IFOP, mais ce potentiel est dispersé entre partis radicaux et modérés. Les trois leaders en question représentent un « Frexit pur et dur », mais leurs approches diffèrent, rendant une alliance fragile.

  • François Asselineau (UPR) : Fondateur en 2007, ce haut fonctionnaire prône une sortie totale et inconditionnelle de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, vue comme une « libération nationale ». Son discours est transpartisan : il cible 30 % de la droite et 25 % de la gauche, héritiers du « Non » de 2005, en se focalisant sur les enjeux économiques (délocalisations, libre circulation des capitaux) et géopolitiques, plutôt que sur l’immigration ou l’identité. Son atout ? Une cohérence anti-système sans compromis, avec des militants fidèles. Mais il est souvent invisibilisé par les médias, qu’il accuse d’être contrôlés par des oligarques comme Bolloré.
  • Nicolas Dupont-Aignan (DLF) : Ex-membre des Républicains (LR), gaulliste social, il défend une « Europe des nations » avec référendum sur l’euro et des réformes internes. Plus pragmatique, il intègre des thèmes identitaires (anti-immigration) et a tenté des alliances passées (avec Zemmour en 2022). Il se pose en rassembleur contre le Rassemblement National (RN) « eurocompatible », mais est accusé de revirements.
  • Florian Philippot (Les Patriotes) : Ancien bras droit de Marine Le Pen au Front National (FN), il a rompu en 2017 pour un Frexit plus radical. Son discours met l’accent sur l’anti-vaccin (post-Covid), l’immigration et l’euroscepticisme. Allié à Dupont-Aignan en 2022, mais sans succès. Il pousse pour une primaire souverainiste « à parts égales ».

Ces trois-là pourraient théoriquement consolider un bloc anti-UE. Mais leurs divergences – transpartisan vs. identitaire – et leurs échecs passés (européennes 2024, législatives 2022) montrent que l’union est un mirage risqué.

Les tentatives d’alliance : Le rôle clé de Bercoff et Sud Radio

Les appels à l’union se sont intensifiés en septembre 2025, autour des Assises de la souveraineté à Arras, où 3 600 militants ont voté en faveur d’une primaire ouverte aux anti-UE. Philippot et Dupont-Aignan soutiennent l’idée : « Règles égales, soutien au vainqueur ». Cependant, Nicolas Dupont-Aignan n’a pas été invité aux Assises de la souveraineté, ce qui marque le début de la discorde. De son côté, Asselineau refuse l’invitation, qualifiant l’événement de « réunion de la droite identitaire », trop étroite selon lui pour permettre un Frexit viable, et insistant sur la nécessité d’un soutien large, droite comme gauche.

C’est ici qu’intervient André Bercoff, animateur de Bercoff dans tous ses états sur Sud Radio, une station souvent perçue comme un « porte-voix des identitaires ». Frustré par les divisions, Bercoff pousse activement à l’union, n’hésitant pas à qualifier les trois hommes de simples clowns. En août 2025, il publie sur X : « @f_asselineau et les autres, faut arrêter le tout à l’ego. […] Faites-vous élire, bande de clowns ! »

Posté par André Bercoff sur X, le 11 août 2025

Le 17 septembre, André Bercoff invite Dupont-Aignan ; Philippot intervient par téléphone. Clash immédiat sur la primaire (accusations d' »égoïsme » et de « mensonges »). Bercoff, énervé, intervient : « Arrêtez le tout à l’ego ! »

Le 18, face à Asselineau, l’échange vire à l’affrontement : Bercoff interrompt, hausse le ton, insistant sur une alliance « contre le RN ». Asselineau rétorque : « C’est de la droite identitaire qui détourne vers l’immigration au lieu de l’UE. » L’émission fait le buzz  (+ de 175 000 vues), avec des réactions sur les réseaux sociaux : « Bercoff est très énervé, il veut diluer Asselineau dans une alliance extrême droite. »

Pourquoi Bercoff insiste-t-il ? Pour « canaliser » la colère souverainiste dans un cadre inoffensif, diluant les dissidents purs au profit d’une droite dure « gérable » par les médias mainstream-friendly.
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La divergence sur Israël : Une fracture idéologique profonde

Une autre donnée cruciale renforce les risques d’une alliance : les positions sur Israël. Asselineau, Dupont-Aignan et Philippot adoptent une posture gaulliste équilibrée et critique envers les politiques actuelles d’Israël (condamnation des « excès » à Gaza, appel à un État palestinien, rejet du « génocide » ou de la « disproportion »).

Même chose suite à l’attaque d’Israël contre l’Iran : les trois personnalités condamnent l’État hébreu, même si Myriam Palomba se dit favorable à une intervention d’Israël. Elle sera alors recadrée par sa base de militants de « Les Patriotes ». En face, le clan Zemmour-Knafo-de Villiers est inconditionnellement pro-israélien, voyant dans le conflit une « guerre de civilisation » judéo-chrétienne contre l’islamisme. De même, l’alliance souverainiste entre Asselineau, Dupont-Aignan et Philippot, présentée comme une force, risque en réalité de les faire disparaître au profit de Zemmour. Philippe de Villiers, lui, a le vent en poupe avec sa pétition contre l’immigration, largement diffusée via les réseaux Bolloré. De son côté, André Bercoff, souvent perçu comme un soutien fervent d’Israël (voyages de solidarité, invitations sélectives), incarne ce piège : en poussant l’union, il diluerait les critiques des Frexiteurs dans un narratif pro-Tel-Aviv qui profite à ses alliés.

Cette opposition clive l’électorat : les bases d’Asselineau, de Philippot et de Dupont-Aignan fuiraient une alliance perçue comme « sioniste light », tandis que Zemmour absorbe les déçus. C’est une faille qui rend l’alliance explosive.

L’Instrumentalisation de l’immigration : Entre préoccupations réelles et narratif faussé

L’immigration est instrumentalisée par la droite dure pour servir les intérêts d’Israël plus que pour dénoncer une réalité socio-économique. Les Français s’inquiètent légitimement de l’absorption des étrangers dans un pays endetté (dette à 110 % du PIB), avec des sondages montrant 72 % opposés à plus d’immigration et 83 % favorables à un référendum. Mais le clan Zemmour-Knafo-de Villiers transpose le conflit israélo-palestinien : les immigrés comme menace civilisationnelle, similaire aux Palestiniens pour Israël, menant à un « choc des civilisations » (théorie d’Huntington).

Ce message faussé ignore l’endettement pour un narratif culturel, risquant une polarisation violente. Bercoff et Bolloré amplifient cela, diluant les souverainistes critiques dans un bloc pro-Israël.

De plus, la douille est double… Le Pen, Bardella, Zemmour et consorts se gargarisent de leur prétendue croisade contre l’immigration et le « grand remplacement » tout en validant le « Grand Remplacement » des palestiniens par les israéliens. Mais qui sont les véritables architectes de l’exode palestinien vers l’Europe ? Eux-mêmes ! En soutenant aveuglément les politiques guerrières d’Israël, ils ont applaudi des deux mains les bombardements incessants sur Gaza, au prix d’une immigration accrue en Europe. Comme le souligne l’historien Youssef Hindi :

« Les députés israéliens souhaitent épurer Gaza et envoyer les Palestiniens en Europe, contribuant ainsi au grand remplacement. Le Pen et Zemmour deviennent les alliés objectifs de ce qu’ils prétendent combattre. »

Un clash stratégique pour éviter l’effacement

Nicolas Dupont-Aignan, Florian Philippot et François Asselineau le savent très bien et font tout pour ne pas s’allier. Au-delà des egos souvent invoqués par les commentateurs – comme dans les échanges virulents sur Sud Radio le 17 et 18 septembre 2025, où Bercoff s’est montré particulièrement frustré face au refus d’Asselineau –, c’est surtout leur base électorale qui risquerait de disparaître dans une telle union. Si certains y voient un simple règlement de comptes personnel (par exemple, les accusations de « melon » ou d’ « égoïsme »), en réalité, c’est une aubaine pour éviter le piège tendu des médias comme Sud Radio.

Pédagogiquement, une alliance forcée les fondrait en un bloc « droite identitaire », repoussant les modérés et les électeurs de gauche, tout en diluant leurs messages uniques. Résultat ? Chacun serait absorbé par des figures plus structurées, comme Éric Zemmour (Reconquête) ou Philippe de Villiers, qui capitalisent sur l’identité sans risquer un Frexit radical. André Bercoff, en poussant à l’union avec une insistance visible (son émission du 18 septembre a dépassé les 175 000 vues, amplifiant le spectacle), aimerait ramener ces quelques pourcentages vers cette droite dure – un « souverainisme light » qui ne menace pas vraiment le système UE, mais canalise la colère populaire vers des thèmes clivants comme l’immigration.

En refusant l’alliance – et en l’exprimant par des clashes publics –, ces trois leaders préservent leur intégrité et évitent d’être dilués. Philippot l’a même annoncé : il ne se présentera pas en 2027 sans union viable, soulignant l’impasse. C’est une leçon pour les souverainistes : l’unité doit être authentique et large, pas un piège médiatique. Sinon, comme l’histoire l’a montré, c’est l’oubli qui guette. Le vrai danger n’est pas le clash, mais l’illusion d’une union qui sert les rivaux.

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